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VOILES (Inédit)

  Par Saint-John Kauss*

pour Meherzia Abbou



« Vous demandez des vers, à moi pauvre poète,

Aux cheveux déjà blancs, au cœur presque glacé. »

(Alcibiade Pommayrac)





 

 

 


 

 

 

charmes de la fureur des eaux et du sable jeté aux passants / aux absents du grand voyage à la conquête de femmes telles que TOI                   imaginées que je rejette du paysage de l’aveugle pour t’accaparer unique dans mon discours d’homme de tous les continents

 

 

de t’avoir rencontrée sans imaginer le blâme de chaque voile la pose de chaque geste de marin signé aux déhanchements des flots

de t’avoir reconnue hormis l’impitoyable voile au visage             sourire caché dans l’amitié des fleurs jeunes après l’amour

 

 

depuis                          cette voix nue dans la berge / cette femme indéfinie d’un rire végétal

                                    cette voix promise à l’épousé

                                    sans une ombrelle improvisée

 

 

ô femme de santé qui m’a appris à compter les grains de sable / à réduire le nombre des morts et des vivants vêtus de force au pas des hommes et femmes de mon tourment à partager dans la folie des lendemains sans configuration

la voile / le vent               vigie de verre pour l’annonce des terres / des hommes qui gagnent le large

 

 

des fleurs qui naviguent et qui s’échappent de la terre ferme / végétative de la foule qui médite les actes / les plaintes d’hommes inscrites aux paumes de l’infidèle

 

 

apprends à tout me dire de ta terre et de ton peuple

le sable / le vent / le cimeterre

et te toucher m’invente le désir à l’échelle de la terre

Ô femme de mon testament trahi / retrouvé dans un buvard

 

 

 

 

 

j’ai pris bonne note de ton enfance et je veux lui donner la vie / la main / l’estuaire de mes empreintes bordées pour les dimanches dans ce village perdu au-delà de l’Afrique maternelle

 

 

et MOI qui quêtais tout sans te retrouver dans la solitude des vagues aux souvenances d’éternité

 

 

n’use pas ta haine à la longue lime du cimeterre pour me parler de femmes blessées à la lisière d’un continent

 

raconte-moi plutôt les longues guerres d’indépendance de l’Algérie aux Émirats unis

où pourrissent et se reposent les extravagances du Colon fanatique des algues de l’iode et du purin  ---  et de ton corps sauvage en pleine beauté

 

 

mais sans t’applaudir                 aux quatre sources de la caravane du vent soulagé des longs battements de cœur des chamelles sans gravité                    j’accompagnais le jour et je nommais les fleurs qui démêlaient mes peines d’avoir connu l’amour sans gain ni désespoir

 

 

ton amour dans l’allégeance à nos familles              et  de ces terres qui parlent / qui marchent dans l’alliance inespérée pour la liberté et la présence de bras pondérés jusqu’à l’ivresse

 

 

ton amour qui marche et qui  glissa à l’oreille gauche des vagues le frisson de ta bouche et la tendresse des tambours

ton amour qui marche et regarde les saisons pour la rédemption et l’ascension des fleurs préférées de l’Imam

 

 

avant de ne plus m’aimer                     apprends à tout dire sans me cacher les chimériques victoires des nuages   ---   le ravissement indicible des chants répétés  de la mer                les dernières plaintes de l’orchidée  à la grande place du lierre                       l’indéchiffrable amour de la femme berbère                                      le poids de tes doigts qui rêvent de sortilège                        l’enchantement des coquillages arabes au terme d’une nuit absente de deuils et de péchés véniels   ---   l’illusion de l’immortalité de tes palais fictifs et tant de plaisirs

 

 

aux partages des arrière-saisons / du midi et des après-midis jusqu’au silence entretenu pour la multiplication des vagues errantes

 

 

à la conquête de filles telles que TOI                   imaginées que je rejette la nonchalance des mots pour t’accaparer dans la mêlée des hommes et des femmes de tous les continents

 

 

de t’avoir aussi aimée comme une barque ancrée au socle de la rade                      de t’avoir inscrite sur ma poitrine ouverte par des initiales ébauchées le long de mes vaisseaux afférents aux larmes des épousés

 

 

sept vagues de mer qu’il faut boire pour le repos des épouses oubliées et la commotion de la malédiction des péchés capitaux

 

 

sept baisers accumulés qu’il faut souscrire aux faibles et aux blessés de cette guerre qui fut la nôtre

sept mots qu’il faut apprendre pour la résurrection des cœurs et la paix des enfants à venir

sept fleurs qu’il faut offrir à reculons au long solstice de juin pour l’épanouissement de notre amour au passé

 

 

ton amour

qu’il faut nourrir doucement

de la main droite

mon amour retrouvé au terme d’un long voyage

auprès des fleurs et le muguet

notre récent amour pour durer

dans le silence de la  pérennité

 

 

 

 
 

Montréal, 21 novembre 2005

 

© Saint-John Kauss et La Plume Francophone.

 

* Saint-John KAUSS (de son vrai nom John NELSON) est né à Hinche (Haïti). Biologiste, chercheur, poète et critique littéraire, il s’intéresse également à la langue et à la littérature créole. Il est membre correspondant de l’Académie Européenne des Sciences, des Arts et des Lettres, secrétaire général de l’Association Haïtienne des Écrivains (AHE) et co-fondateur de l’école littéraire : Le SURPLURÉALISME. Pour en savoir plus sur l'auteur et ses publications, voir son site web (http://www.potomitan.info/kauss/index.phpet son curriculum vitae (http://potomitan.info/kauss/cvl.php).

 

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