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CHARMES

 

                                                                     à Roger Nicolas

 

 

                                            « Terre née d’elle-même, pluie des Indes assumées. »

                                                                                               (Edouard Glissant)

 



 

butineuse l’abeille exponentielle mêlée à la chair morte de l’adobe              telle une Croisée inconsolable aux lippes des pages lourdes de nos filles             mutilée la femme intégrale née dans le grès et dans l’accouplement immense de la sève brute des auges

 

 

la barre des jours vécus sur la chaussée plus large que les golfes et plus vaste que la révolution des hommes et leurs accents de grande tolérance

 

 

si près de l’ourlet de la phrase plus grave que la caution du condamné à revêtir la langue d’anses nouvelles et de chartes saisonnières

si près des petits mots nourriciers de la fumée des cathédrales plus basse que ces cornets de pluie

 

 

la pêche à la corbeille de femmes à mettre au lit des amours si proches de la délinquance et de nos premières défaillances                 réglementée en hauts lieux par l’Officiant en marche dans l’évocation des poètes oubliés qui furent des hommes tels qu’espérés

 

 

de si bons pisteurs que nous étions / qu’ils furent à la plénitude de nos demandes et sollicitations aux dieux de la rivière                aux redresseurs de torts terrestres que l’on mesure dans l’éclosion des songes et des visions de haute tractation

 

 

dois-je t’interroger à la cueillette d’aranmacées de feuilles d’oponces et d’aloès baissant le ton à chaque pelletée de terre muette qui nous précède

 

 

dois-je bientôt annoncer l’insinuation parfaite de la libellule à l’entrée des forêts            la mutation et l’alliance des basses îles de l’archipel aux villes saintes

 

 

statut de femmes réglées pour la magnificence en haute mer des gloses et des hommes de toute race

peau brune et ardente comme l’araine sur la berge

peau couleur d’argile comme des cruches dans le vent

peau blanche comme la neige à la sangle du bonheur

 

 

statut de filles immaculées et qui s’en vont au pas des hommes maquillés de rumeurs

hommes en quête de Belles à verrines

hommes en proie à la chaleur de filles minces et usagées

hommes sauvages jusqu’à l’intégration et dans l’urane de la nuit

 

 

mon refuge est un volcan au bilan lourd de porteuses d’histoires / de flancs de jeunes filles

associées à mon apprentissage au-delà des stances nouvelles

 

 

mon poème est fait de gantelets doux et de rotins de phonèmes                   imaginés sans que la fleur n’ait point commerce avec les cochenilles ivres de genièvre            mon poème est une grande île d’arbouses nues dans la nuit

 

 

nous n’avions point tenu en liesse la libellule éduquée qui voyage entre les hommes libres et nos femmes

 

 

et pourtant dans l’oratoire dissident du dieu nouveau                     maître du luthier et des crécelles

j’ai pris la liberté d’offrir à chaque vague des hautes mers ma prise de tous les jours                 le souci des terres lointaines comme menuaille de même gîte

 

 

comme ce guéret si vaste et si austral que le Poète au gîte de sa bien-aimée témoigne de la rudesse des deux hanches                    des cannelures dans son ventre pour le passage des aveugles à la veillée du voyageur

 

 

nous fûmes nomades dans les berges                            amants sans chiffre des nourrices de plaisance  ---  hautes mangles sur l’étendue des cœurs que nous fûmes                 anneaux du haleur imaginaire que l’on fréquente à chaque mouvement d’hommes étranges

 

 

 

 

 

 

fût-ce sur la noyée des chroniques alezanes qu’il en soit fait du peuple des mots               des poètes et grands songeurs de phrases lointaines                      qu’il en soit fait ainsi de la mémoire et de la parole du peuple des sans-gêne aux rampes des enchères et signataires d’aubes nouvelles

 

 

debout vers l’Arbre du péché                        qu’en est-il de nos filles amoureuses de l’océan des amours de jeunesse ouvertes à l’étale des songes

 

 

les Belles-de-nuit sont au hublot                       immortelles sur l’étendue des carcasses de vivants au vin de l’homme avec son dieu

 

 

partageons les dîmes / les femmes et les interrogations du voyageur qui se soucie de la jeune rose du prêteur à gages où gisent l’ardent et tant de rêves à nos histoires humaines

ô tant de morts sur la chaussée du quotidien des poètes

et tant de rumeurs à vérifier dans la stèle et le feu

 

 

ô Terre

 

 

                                                                                                  Outremont (Montréal),

                                                                                                            septembre 2005

 

 


© Saint-John Kauss et La Plume Francophone.

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