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CHÈRES

 

                            à  L.

 

                                                       « Inconnue, elle était ma forme préférée,

                                           Celle qui m’enlevait le souci d’être un homme. »

                                                                                           (Paul Éluard)

 

 

 


rêves de papiers peints pour cet amour consommé depuis le grand pardon des aquarelles et de ces filles de lys / filles de fagots confisquées pour la consommation des ormes au réveil des yeux

 

 

des femmes aux fesses immenses et déterminées                  à soulager d’une profonde blessure / blessures de cœur ramassées à bras levés dans les excès et le partage d’hommes nus / pécheurs qui fument les rêves des filles de benjoin et de cinname                  filles du prophète

 

 

ces corps de chanvre et de laine               maquillés par des voyelles déhanchées aux jours des jupes de noyées de mes îles sans rivages  Pleut-il à contre-goût femmes d’intempéries aux mollets de Joconde                lunes épicuriennes qui font l’amour sur la plante des pieds                  gais poètes aux palmes d’acariâtre qui griffent la bouche et les yeux des goémons

 

 

hautes feuilles des yeux avancés dans la rutilance des regrets et des prétextes de femme au visage doux et au regard de gypse  -----------  fruit d’un soir de bénitier                     Ô belle femme

 

 

rage de filles éteintes dans la vasque aux désirs                consolation de la ville allongée sur le ventre des poèmes aux courtes histoires                 seins tétés sans pitié à genoux                  rumeur d’orgies qui croque l’antenne comme un cri

 

 

ô toi lesbienne mue sans sommeil               cuisses envieuses qui jouent aux dames des processions

Ô toi femelle d’ange qui rêve de posséder mon monde séminal enroulé tel un serpent dans l’arbre de la félicité

Ô trop femme aux mamelles de vendeuse de cailloux           parapet aux cheveux congelés par la rivière des mots                gouache hippique interrogée dans l’aquarelle des dattiers               sans cheminée

 

 

plage de filles d’Ariane aux fesses de baguettes magiques tassées dans les bras de mages aux yeux arqués et vastes comme des hirondelles

toutes ces filles de joie pour arroser d’amour ces vieux papiers extraits des poussières de la bibliothèque d’auteurs désaxés qui baisent à reculons

 

 

rage de mâles aimés avec un grand rire                        Ô masques des langues à brûler comme l’encens / comme l’oliban en plein midi des réverbères              bouquets de pêches miraculeuses sans contredire l’oreille nègre du vieillard / griot croisé des grands chemins              Ô masques des momies d’assassinés

 

 

partageons les bonnes filles tigées aux fronts d’oiseaux que parie le poète à chaque course de gamins                     folle course sans rires et sans bruit d’un pas froid et de consolation

 

 

cathédrales de jeunes femmes aux lèvres cendrées                     goût de cannelle            seins de psylle renversés sous les aisselles            corps de hutte en attendant le mât du sommeil                fesses rayées par la main gauche prohibée                 jambes écartées entre l’index et les longues heures de plaisir                      laitance du sperme sur les nombrils et le cahier écrit au thé de camomille

 

 

poèmes d’hermaphrodite affichés entre les deux tempes jusqu’à l’île               grand jour partagé à coups de verge dans le champ de l’amour          Ô filles de cabaret qui dansent nues au palais des funambules                 la marche à la liberté n’explique pas les fiançailles du peuplier

 

 

à toi charmeuse du village à l’anche des baisers                 hippocampe à tes yeux collé dans la nèfle des désirs                  trèfle des amitiés perdues dans la paille du bourreau                     un abri de sinople pour la prisonnière bien assise entre les paons les gibecières et les cireurs de bottes               cahier de mots et de poèmes dans l’armoire d’une main de grande vigilance Ô filles chaudes             ô femelles d’ange inadmissibles entre deux elles

 

 

car il n’y eut jamais d’amour dans nos cimetières bornés entre les cuisses des grandes villes

 

 

 

 

                                                                                   Pierrefonds et Montréal,

                                                                                                           été 2003

       

© Saint-John Kauss et La Plume Francophone.

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