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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 20:23

 Biographie et présentation de l'oeuvre d'Albert Memmi
par Camille Bossuet 

 

Né à Tunis en 1920, dans une famille juive arabophone, Albert Memmi est essayiste et romancier. Il fait des études de philosophie à Alger puis à Paris. En 1943, il est incarcéré dans un camp de travail en Tunisie. Après la guerre... Pour lire la suite de cet article sur notre nouveau blog, cliquer ici

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Published by La plume francophone - dans Dossier n°31 : Albert Memmi
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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 17:19

Enfances


Parler de l’enfance mais aussi de son enfance est intimement lié au travail de l’écrivain qui se présente comme celui qui interroge l’homme aux différents âges de sa vie. L’écrivain francophone n’échappe pas à cette détermination de l’écriture, il met en question l’enfance et surtout l’ensemble de ses apprentissages. Il prend ainsi sa revanche en écrivant, en se remémorant ce qui alors s’exprimait sans mot ; en latin, l’infans est celui qui ne parle pas. Mais l’enfance francophone est semblable à toutes les autres, elle est porteuse des mêmes manques et des mêmes absences, elle s’inscrit par le biais de l’éloge ou bien du blâme. Elle cherche voix et légitimité à travers les voiles du souvenir, de la mémoire ; impalpable, et pourtant souveraine, l’enfance ne s’aborde que par tâtonnements.

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Published by La plume francophone - dans Dossier n°26 : Enfances
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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 12:12

Analyse

  Contre exotisme : la poésie comme langage universel de l’enfance

Par Sandrine Meslet

 

« Glorieux d’écailles et d’armures

un monde trouble délirait » (V)

 

 

Saint John Perse fait paraître Eloges en 1960, la première section du recueil, intitulée Pour fêter une enfance, se compose de six poèmes de même longueur dans lesquels se déploie un hymne à l’enfance. Les registres épique et épidictique soutiennent le projet poétique de Saint John Perse et orientent le lecteur vers une interprétation symbolique. En effet, l’enfance permet au poète d’évoquer un âge mythique, commun à tout homme, au sein duquel les références antillaises deviennent communes et sont élevées au rang d’universelles. La célébration de l’enfance et de ses motifs passe aussi par l’hommage du poète à la poésie, ainsi mère et muse... Pour lire la suite de l'article sur notre nouveau blog, cliquer ici

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 12:29

Za de Raharimanana, un grotesque sublime

 

Par Virginie Brinker

 

La souffrance faite voix - « fendre mots sur langues foursues[1] »

La citation en exergue de Sony Labou Tansi donne le ton : « J’ai fouetté / Tous les mots / A cause de leurs silences ». Le discrédit jeté sur la langue se poursuit dès le chapitre liminaire : « Za ne mérite pas de glisser mots et merveilles sur ma langue râpeuse[2] ». Dans ce chapitre, Lire la suite de l'article ici

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 14:41

Analyse

 « Le déchirement essentiel,

la contradiction qui fait le fond de ma vie ![1] »

 

Par Virginie Brinker

 

Tout commence, pour ce fils d’un juif d’origine italienne et d’une berbère, dans L’Impasse, cocon familial, refuge bienheureux préservé par « les deux barres de fer qui prot[ègent] la porte extérieure contre les voleurs et les pogromes[2] ». Dans ce roman d’inspiration autobiographique, qui est aussi un roman d’apprentissage, les parents apparaissent de prime abord comme des divinités[3] omnipotentes.

 

La quête de soi : « à cheval sur deux civilisations[4] »

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 15:47

Un conte moral tragique sur la petitesse de l’homme

Par Circé Krouch-Guilhem


 

 

L’Histoire du soldat est à l’origine une pièce musicale composée par Igor Stravinsky sur un texte, inspiré de légendes populaires, de l’écrivain francophone suisse Charles-Ferdinand Ramuz[1] (1878-1947). Si la première représentation eut lieu en 1918, la pièce, elle, ne sera publiée qu’en 1920. Daniel Casanave né en 1963, et qui depuis 2001 met l’accent sur l’adaptation de chefs d’œuvre littéraires en bande dessinée[2], s’est attaché à adapter cette pièce publiée en 2005 par les éditions 6 pieds sous terre[3].

 

Cet ouvrage met en scène un soldat, de condition très modeste, ayant pour tout bien un violon. Il ... Pour lire l'article sur notre nouveau blog, cliquer ici

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 13:44

« Vivre pour survivre »

Par Ali Chibani

 

Après Antan d’enfance et Chemin-d’école, A bout d’enfance[1] est le dernier titre d’une trilogie intitulée Une enfance créole dont Patrick Chamoiseau a entreprits la réalisation en 1990. Dans cette œuvre, l’auteur martiniquais revient sur l’entrée du négrillon dans l’adolescence « … Où défaille l’enfance[2]… ». Patrick Chamoiseau fait là un travail mémoriel considérable où nostalgie et tendresse tissent le récit, avec le fil des « souvenirs-écrans », de ce qui est à l’origine de sa carrière d’écrivain : « …Et toi, mémoire (…) ce que tu conserves s’est dissous dans mon être comme pour me constituer en restant hors d’atteinte[3]… ». Ce parcours vers la naissance vise donc la découverte de soi et de l’absolu – primordial et manquant – dans la vie d’un homme. Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à un récit autobiographique fidèle à la réalité. L’auteur lui-même refuse d’établir un quelconque pacte de fidélité avec son lectorat et inscrit les événements rapportés dans l’incertitude et la nécessité : « Et te voilà t’accoutumant, se dit-il, à ces franges incertaines où tu t’efforces de vivre pour survivre vaille que vaille[4]… ».

Dans la période charnière qui sépare enfance et adolescence, le négrillon découvre, avec un nouvel œil, le monde, ses peines et ses plaisirs, sa beauté et son injustice. L’enfant prend conscience de son corps et du corps d’autrui, d’où un certain nombre de nouvelles épreuves – historiques ou existentielles – qu’il doit affronter. Sa première épreuve est de fracasser le « Non » qu’on lui oppose sans cesse. Il doit ensuite divorcer d’avec sa conception de l’organisation sociale en quatre classes et « réorganiser sa typologie du monde
[5] ». Le négrillon établit ses « Commandements » pour cohabiter avec les adultes. Il préconise par exemple la suppression de « … la langue française qui devient patate chaude dans la bouche des êtres humains[6] ». Tout cela avant de découvrir un autre rapport au monde, rapport régi par la femme, à la fois belle et imposante, qui tue comme elle sauve.

La découverte de l’« ordre et désordre du monde » est narrée avec tendresse et nostalgie. Il s’agit pour l’auteur de revenir sur un fâcheux arrachement temporel naturel. L’écrivain continue à subir l’assaut des « milles sentiments contradictoires » que son imagination lui faisait vivre enfant « mais il parvient, en bel athlète des émotions, à les désamorcer par un calme de façade, et à les sublimer vaille que vaille dans l’écrire
[7]… ». S’il n’y a rien d’original dans la manière de procéder pour rendre compte de « … ce clignotement de la mémoire soumis à des odeurs, des associations, des sensations, et des reconstructions[8]… », Patrick Chamoiseau s’approprie, comme toujours, la langue française qu’il imprègne de son identité martiniquaise.

La langue devient lieu de confluence d’identités et d’histoires, un lieu où l’hybridité ne fait pas peur mais, au contraire, rassure. La langue devient ainsi la métaphore de notre existence qui ne saurait avoir un sens sans les autres qui la font et la défont. A bout d’enfance n’est donc pas le récit d’une enfance mais bel et bien celui de « …la plus longue des quêtes : celle de l’humanité sur les traces de la scène primitive – laquelle ouvre toujours à bien des achèvements
[9]… ».



[1] Patrick Chamoiseau, A bout d’enfance, Paris, Gallimard, 2005, 284 pages.
[2] Ibid., p. 30.
[3] Ibid., p. 72.
[4] Ibid., p. 76.
[5] Ibid., p. 107.
[6] Ibid., p. 29.
[7] Ibid., p. 20.
[8] Ibid., p. 101.
[9] Ibid., p. 179.

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 18:11

Analyse

L'écriture pour scandale

Par Sandrine Meslet

Nous, écrivains algériens, sommes nous une espèce en voie d’extinction ?

Amin Zaoui

 

Amin Zaoui, romancier algérien, propose de revisiter les villes d’Alger et d’Oran au moment des sombres années 90 dans un diptyque formé de deux nouvelles : Sommeil du mimosa et Sonate des loups. La mort rôde et empêche les protagonistes de mener une vie normale, l’écriture conte le destin de deux hommes pris au piège de la ville en siège. La solitude pèse sur le destin du premier, promu au poste de directeur du service des funérailles, et du second, journaliste et veuf, qui s’interroge sur les raisons de l’assassinat de sa femme. Le premier récit transgresse et offre une tonalité vindicative, masturbation et insatiété féminine sont ainsi évoquées pour mieux dénoncer la censure et le poids de l’islamisme. De la frustration naît un langage marqué par l’érotisme, les voisines devenant objets de désir et de fantasme. Le second récit est tourné vers une autre révolte, celle de la légitimité de la mort dans un monde en perdition, où l’exil apparaît comme le moindre des maux.

 

Le sexe et le vin, apprivoiser le vice

La première nouvelle est entièrement rédigée à la première personne : un homme y conte son quotidien qui le mène de son bureau à son appartement. La solitude amène le personnage à scruter les moindres faits et gestes de ses voisines, afin de construire un fantasme personnel dont l’érotisme intrigue « Racha me trouble, me captive. Dans ma tête je découvre son corps empli de roses et de désirs [1]! » La solitude du personnage semble ne pas connaître de limites et même sa nomination au poste de directeur du service des funérailles n’y change rien, son état n’a de cesse que de se réfugier dans l’onirisme. En proie à la rêverie macabre il imagine la rédaction, par son ami journaliste, d’une rubrique nécrologique annonçant sa mort. Transgressant les convenances, le personnage impose une indécence salvatrice qui lutte contre le fanatisme religieux en faisant le pari de la liberté : « C'est dans cette petite mosquée déserte que je commençais mes premières pratiques de masturbation[2]. » Deux anecdotes érotiques encadrent la nouvelle Sommeil du mimosa et mettent en scène des femmes au désir insatiable. Le coït de la femme avec un âne, dans le premier conte, et avec un aveugle dans le second fait écho à une culture populaire marquée par l’érotisme, culture que le romancier revendique contre l’idée d’un religieusement correct que voudrait imposer les islamistes. Mais le pari d’un langage dépouillé de décence a un prix, la lucidité du personnage se fond dans la solitude, l’isolement et l’alcoolisme qui le guettent : « Un sentiment étrange m'habite, tout en creusant des fissures dans les murs de ma solitude[3]. » Solitude qu’il n’hésite pas à comparer à celle de sa voisine, devenue pour l’homme un double étrange et enivrant : 
« Torture de deux solitudes : la sienne et la mienne[4]. » Le personnage se prend même au jeu de la concurrence avec Dieu : « Dieu donne les vices et moi je donne les tombes[5]! » La fuite qu’il propose à la fin du récit l’assimile à un Don Quichotte des temps modernes cherchant dans la rêverie un moyen de fuir la menace et la persécution des islamistes. Un petit jeu sans conséquence face aux dangers de l’extrémisme religieux. Face à un langage dénué de pudeur, un langage poétique se déploie et entre en concurrence avec le premier :

Remuant l’encrier, j’ai trouvé des larmes !

L’amour calciné.

Un pincement au cœur.

Un jeune homme silencieux, froid et énigmatique, rôde autour du portail de l’immeuble.

A Alger sous un ciel pluvieux d’attentats, les femmes sortaient dans une grande manifestation, dénonçant les bourreaux et les ennemis de la vie et de la liberté.

Le regard de ce jeune homme me donne froid dans le dos…et Oran poursuit sa descente en enfer.

Le « courage » barbare des barbus[6] !

 

Le langage poétique est plus présent dans la seconde nouvelle où il vient mettre en déroute la haine des extrémistes et offre un parallèle saisissant avec la tonalité transgressive de la première nouvelle. Le sang et la barbarie s’insinuent dans le conte et surgissent au milieu d’une évocation fabuleuse :

 

Un marchand d’Isphahane vole dans les airs agrippé aux pattes d’un oiseau fabuleux… des voyages paradisiaques à travers les îles des mers du sud…

Dix-sept jeunes appelés, accomplissant leur service militaire dans la zone sud, ont été trouvés égorgés, atrocement mutilés, la tête plantée sur des barreaux de fer et des bâtons en bois, exposés au bord de la route nationale[7].

 

L’absence et le crime

La seconde nouvelle Sonate des loups, plus longue, revient sur l’expérience de Bakh tantôt restituée à la première personne et tantôt à la troisième. Cette alternance de la voix narrative permet un point de vue double sur le personnage et offre un regard entier sur sa solitude et son enfermement. La sexualité est ainsi abordée sous un angle solitaire et froid, la mort s’insinuant dans chaque expérience :

« Je me suis posé sur elle, un cops froid… deux corps froids, deux cadavres. »

O sentiers inconnus.

Le tonnerre gronde au loin.

Aux portes d’Oran, un abcès coule toujours !

Hémorragie[8] !

 

Le service militaire laisse un goût amer au personnage qui n’en retient que la profonde injustice. Déjà la haine de l’autre et l’intolérance voient le jour au moment où le narrateur fait résonner la voix de la plus célèbre chanteuse juive algérienne en haut du minaret :

 

Un jour j'ai osé mettre la cassette de Reïnette l'Oranaise[9]!

Une juive élève sa très belle voix depuis le toit de la mosquée ! Une voix d'une juive dans un haut-parleur islamique?! J'avais peur d'être jeté aux arrêts une autre dizaine de jours[10].

On ne peut s’empêcher de penser à La Peste de Camus dans cette Algérie agonisante, ce n’est plus la maladie mais bien le fanatisme qui détruit et se révèle être une nouvelle apocalypse. Le champ lexical apocalyptique est d’ailleurs largement exploité, la ville disparaît alors sous les morts :

 

Depuis cette fenêtre je vois la ville, poursuivant sa descente en enfer, encerclée, envahie par les monstres.

Déluge de haine !

Dehors, il n’y a que les hôpitaux et les cimetières[11].

 

Le quotidien est marqué par de longs cortèges funéraires, chaque jour se lève sur une nouvelle mort et chaque homme menacé semble attendre fatidiquement son tour :

 

On enterre Saïd Mekbel, rédacteur en chef du journal Le Matin.

Nous marchons chaque jour derrière nos morts afin de ne pas perdre la mémoire.

Un ami a crié fort avant de se donner la mort.

« L’Algérie n’est pas clémente envers moi, tout ce qu’elle a pu m’offrir, c’est une tumeur ! »

Adieu l’écrivain Ammar Béllahcène.

Chaque jour nous nous réveillons pour nous retrouver orphelins d’un être cher de plus !

L’idée de la mort ne m’effraie plus, chaque matin nous partirons vers une mort, pour rentrer le soir d’une autre[12].

 

Dieu n’existe plus dans ces lieux de perdition, Bakh cherche en vain à comprendre son absence et l’interroge directement. Les défenseurs de la foi, les islamistes, deviennent dans sa démonstration les assassins de Dieu, car c’est bien la haine qui est mise sur le banc des accusés :

 

« Oh Allah…vous êtes absent ou quelqu’un vous a assassiné. »

Comme Jamila, Dieu, lui aussi, est mort.

Dieu aime-t-il les autres villes mieux que la nôtre ?

Ville de la vieille mosquée, de Santa Cruz, de la grande synagogue et de la chanson raï.

« Qui a assassiné Dieu à Oran ? 

-      Les haïsseurs[13]. »

 

La nouvelle s’achève sur une fatwa dont l’auteur souligne toute la cruauté et le non sens, en restituant son caractère informatif qui prescrit avec détachement la manière de tuer, de violer et d’égorger des non croyants :

 « Une fatwa :

« Aux croyants combattants pour l’Islam et pour la charia d’Allah.

Il ne faut égorger une jeune fille athée avant de la violer… Si la jeune fille est exécutée avant qu’elle soit violée, c’est-à-dire vierge, elle partira au paradis selon le Coran, livre d’Allah.

Aux croyants :

Il vous est demandé, pour l’amour d’Allah et de son prophète Mohamed, le sceau des apôtres, de violer les filles vierges et les enfants avant de les exécuter, pour leur barrer la route de la clémence divine, et l’entrée au paradis...»

On cherche la route.

On enterre un inconnu[14]. »

 

 

Les mots sauvent ce que les hommes détruisent, voilà à quoi pourrait ressembler ce curieux diptyque du romancier algérien Amin Zaoui formé de deux récits marqués par la solitude, la menace et la mort. Un cri de révolte laisse entendre l’acharnement à vivre et à témoigner pour ne pas laisser l’obscurantisme et le fanatisme gagner la bataille de la haine :

« Je remets ma fin à plus tard ! »

« Je remets ma mort à un autre jour[15] ! »

 



[1] Sommeil du mimosa, Sonate des loups, Paris, Le Serpent à plumes, 1990, p.14

[2] Ibid p.51

[3] Ibid p.37

[4] Ibid p.39

[5] Ibid

[6] Ibid p.117

[7] Ibid p.99

[8] Ibid p.91

[9] Reïnette l'Oranaise est une des plus célèbres chanteuses juive algérienne

[10] Ibid p.85

[11] Ibid p.94

[12] Ibid p.98-99

[13] Ibid p.120

[14] Ibid p.143-144

[15] Ibid p.145

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 08:49

Un Lazarillo algérien

Par Victoria Famin


Omar, jeune garçon protagoniste de La grande Maison, semble avoir la force et la vivacité de tout enfant qui approche de l’âge adulte tout en gardant une certaine innocence.  « Un peu de ce que tu manges ![1] » sont les premiers mots de ce personnage qui ouvrent le texte. Cet incipit définit l’enfant, figure centrale du roman, par le contexte de misère dans lequel il doit survivre. Omar habite avec sa mère, ses sœurs et sa grand-mère dans un appartement de Dar-Sbitar, la grande maison qui pourrait être considérée comme une ville en soi.  Dans un contexte d’extrême pauvreté mais bourdonnant de vie, le lecteur peut... Pour lire la suite de cet article sur notre nouveau blog, cliquer ici

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 10:45

 Par Virginie Brinker



Dans cet essai paru en 2007 et réunissant 11 textes, l’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop entend « essayer de montrer quels mensonges se dissimulent sous tant de lieux communs proférés au sujet de l’Afrique », par les médias et des ouvrages prétendument spécialisés notamment.

 

             Dès l’introduction, l’auteur explique la place importante[1] accordée au génocide des Tutsi du Rwanda dans ce recueil en tant que symbole, par son traitement médiatique, des « manipulations destinées à mettre en évidence une prétendue culture de la violence et de la haine fratricide chez les Africains » ; Boubacar Boris Diop entend en effet fustiger et battre en brèche dans son ouvrage ce qu’il nomme « racisme anti-nègre » ou « négrophobie[2] », « si tranquille qu’elle n’arrive même plus à être consciente d’elle-même[3] » .

  Au-delà de l’explicitation pour le lecteur non informé du contexte de l’opération « Rwanda : écrire par devoir de mémoire » à laquelle il a participé, et de réflexions fort intéressantes sur les partis pris esthétiques à adopter, Boubacar Boris Diop nous livre une réflexion précieuse, dans le premier texte, sur la posture de l’écrivain africain :

Personne n’est aussi souvent rongé par le doute et le découragement que l’auteur africain. S’adressant dans une langue étrangère à un public de toute façon trop occupé à survivre pour avoir envie de lire ses livres, il est presque toujours persuadé d’avoir à hurler sa révolte dans le désert[4].

Et c’est bien de révolte qu’il s’agit. Révolte dans le deuxième texte contre le négationnisme du génocide des Tutsi du Rwanda, contre l’attitude des politiques français dans le troisième. L’ouvrage de Boubacar Boris Diop n’est pourtant pas un pamphlet, que la bonne (ou mauvaise ?) conscience française pourrait balayer pour cette raison d’un revers de main. L’auteur cite ses sources, ses raisonnements sont lucides et sans appel :

 Ce qui est en cause dans cette affaire, c’est moins le Rwanda, un pays minuscule et sans ressources stratégiques, que la place de la France sur le continent. Le cas de figure est simple : un Etat-client est attaqué par une guérilla anglophone, la seule chose importante est d’envoyer aux autres francophones le bon message de fermeté[5]

            Conscient que son travail s’apparente à un « exercice délicat et vain, sous la pression constante des urgences politiques[6] », l’écrivain africain ne saurait toutefois renoncer à sa révolte. Après un hommage à Cheikh Anta Diop, l’auteur de L’Afrique au-delà du miroir fustige la récente loi française sur l’immigration et la remet en perspective : « Prétendre obliger des centaines de millions de jeunes gens à végéter dans des pays que l’on continue par ailleurs à pressurer, c’est travailler à rendre le monde encore moins sûr qu’à l’heure actuelle[7] ».

            Dans le texte « Ecris…et tais-toi », l’on comprend à quel point l’expérience rwandaise de Boubacar Boris Diop et la « formidable leçon d’Histoire » qu’elle a occasionnée ont pu le marquer. Prenant viscéralement conscience que « la tragédie rwandaise (…) résulte en grande partie de la volonté du gouvernement français de préserver ses zones d’influence en Afrique noire[8] », l’auteur explique son choix raisonné d’écrire à présent également en wolof:

Notre aliénation est en vérité si profonde que le retour à soi-même demande du courage et un brin de folie. Mais celui qui ose cette aventure en est largement récompensé car – je le sais à présent – écrire dans sa langue maternelle fait éprouver des sensations absolument inouïes[9].

 

Plus qu’un essai, ou  recueil d’essais, L’Afrique au-delà du miroir nous paraît retracer le trajet et même la trajectoire d’un homme, depuis un événement traumatisant - le génocide des Tutsi du Rwanda - mais révélateur, jusqu’à son engagement culturel et philosophique d’aujourd’hui. Ce sont les réflexions et les émotions de cet homme qui guident le lecteur et lui permettent de comprendre certains enjeux culturels et politiques contemporains cruciaux.

Contre la tendance actuelle de certains écrivains qui ne se présentent plus comme des écrivains africains, Boubacar Boris Diop préfère en effet répondre qu’ « un artiste n’est rien et n’a rien à dire s’il n’accepte pas d’abord d’être lui-même[10] ».

 

 



[1] Boubacar Boris Diop, L’Afrique au-delà du miroir, Philippe Rey, 2007.

Dans cet ouvrage, l’auteur consacre 3 textes au Rwanda : « Génocide et devoir d’imaginaire », « Yolande Mukagasana :parler avec les tueurs », « Kigali-Paris : le monstre à deux têtes », réunis dans la première partie intitulée : « Rwanda, contre l’habitude du malheur ».

[2] Ibid., p. 15.

[3] Ibid., p. 41.

[4] Ibid., p. 28.

[5] Ibid., p. 68.

[6] Ibid., p. 28.

[7] Ibid., p. 147.

[8] Ibid., p. 168.

[9] Ibid., p. 170.

[10] Ibid., p. 208.

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