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Présentation du blog

                                                                            Animés par une même p assion, nous sommes un groupe d'amis qui, étudiant à l'université les littératures francophones, avons voulu construire un espace d'analyse et de promotion des diverses créations artistiques francophones venues du monde entier, tout en y intégrant notre regard sur l'actualité.

Nous proposons, à travers ce blog, différentes rubriques enrichies, chaque mois, par un dossier thématique ou portant sur une personnalité francophone. Des indications en tête d'article vous informent sur les différents publics "Tout public" "Didactique" "Analyse" auxquels s'adressent les articles.

Nous espérons ainsi vous faire découvrir et surtout apprécier de nouveaux horizons culturels.

 

L'équipe du blog

Vendredi 2 novembre 2007

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12è SALON DU LIVRE DE LA PLUME NOIRE

 

Wilfried N’Sondé

 

Lauréat du

PRIX  SENGHOR  DE  LA  CREATION  LITTERAIRE

PREMIER  ROMAN 2007

 

 

Déclaration du Jury

 

Distinguer et promouvoir des écrivains d’expression française débutants qui ont réussi à créer, en utilisant la langue qu’ils ont en partage, « des œuvres de Beauté », rythmées de leur vie propre, chargées d’humanité,  expressives d’un langage neuf et d’harmonies originales : en se fixant un tel objectif, le « Prix Senghor de la création littéraire » souhaite rendre hommage au « poète-président » sénégalais et à son oeuvre.

 

Léopold Sedar Senghor a en effet toujours encouragé la création artistique et pensé que les Arts et les Lettres avaient vocation particulière à exprimer l’humaine condition.

 

C’est de cet humanisme, soucieux du respect des différences mais impatient d’universalité et de convergence dans la fraternité, que se réclame finalement ce Prix. C’est de ce Messager de bon augure qu’il entend perpétuer la mémoire.

 

Rappelons que ce prix est à l’initiative de la « Plume Noire » présidée par Dominique Loubao que nous saluons.

 

Parmi les livres qui ont retenu l’attention du jury : « Dans ses petits papiers » de la Belge Aurélia Jane Lee, « Migrateurs » de la Française Marylinn Maurage

 

Le choix du jury s’est porté sur 3 romans :

  • « Le cœur des enfants léopards » de Wilfried N’Sondé (Acte Sud)
  • « Le testament des solitudes » de Emmelie Prophète (Mémoire d’encrier)
  • « Sarcelles-Dakar » de Insa Sané (Ed. Sarbacan

                                                                                                                     

 

 

Après des discussions très animées, le jury a décidé d’attribuer le « Prix Senghor de la Création littéraire » à Wilfried N’Sondé pour « Le Cœur des enfants léopards » (Actes sud) par 5 voix contre 4  à Emmelie Prophète pour le Testament des solitudes

 

« Le Cœur des enfants léopards » est un roman dont les qualités littéraires sont évidentes et qui a le mérite de plonger dans l’histoire la plus immédiate et la plus tragique pour faire entendre les voix d’espoir nouveau. L’auteur porte en effet un regard lucide mais non désespéré sur une société dont les mutations ne doivent  pas faire oublier les nécessaires fraternités

 

Nous félicitons le lauréat et souhaitons longue vie au Prix Senghor de la Création Littéraire.

 

                                                                                                         

 

 

                                                                                              Fait à Paris le 19 octobre 2007

 

 

 

La Sélection 2007

-          Iphigénie en haute ville de François Blais. L’instant même. 2006 (Québec)

-          Le Cœur des enfants léopards de Wilfried N’Sondé. Actes Sud. 2007  (Congo)

-          Migrateur de Marylinn Maurage, L’Arganier  coll. Facéties, 2006 (France)

-    Le testament des solitudes de Emmelie Prophète Ed. Mémoire d’encrier (Haiti)

      -    Sarcelles Dakar Insa Sané, Ed. Sarbacane, 2006 (Sénégal)

-    Dans ses petits papiers de Aurélia Lee Jane. Ed. Luce Wilquin, 2007 (Belgique)

-    Confessions des liens disparus de Bessa Miftiu Ed. de l’Aube, 2007 (Albanie).

 

Le Jury

Présidente

-    Mme Pierrette Fleutiaux

 

Membres du jury

-    M. Jean-Luc Raharimanana, écrivain

-         M. Ernest Pépin, écrivain

-         M. Louis-Philippe Dalembert, écrivain

-         Mme Marie-Josée Hoyet, critique littéraire

-   M. Jean- René Bourrel,  OIF (Organisation Internationale de la Francophonie)

-         Mme  Catherine Fruchon, journaliste RFI 

-         M. Romain Ducuing, librairie Le Divan

-         Mlle Marine Piriou, le Blog La Plume Francophone

 

 

Contact : Dominique Loubao - La Plume Noire  : 01 58 45 21 03 / 06 81 62 00 64

               Tchisséka Lobelt – Promolivrezs  : 06 13 03 72 94/ 06 94 23 90 12

                      
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Vendredi 1 juin 2007

Quelques publications francophones du mois d’avril 2007

 

-L’ARBRE À PAROLES n° 135, Insectaire incertain, Maison de la poésie d’Amay, Amay, avril 2007

*La quatrième de couverture :

 

On parle d'un bestiaire lorsqu'il s'agit d'écrire sur les animaux, de les dépeindre ou de les dessiner. Les insectes auxquels s'est intéressé Georges Thinès (et, à sa suite, Aubevert, Jacques Coly et Cosem), ne mériteraient-ils pas, dès lors, qu'on leur consacre un « insectaire » ? Et puis ce néologisme sonne comme un adjectif qui serait le contraire de « sectaire » : au delà de la création littéraire, le besoin, en somme, d'affirmer, si besoin en était encore, notre refus de tout sectarisme. En matière de poésie, car certaines idéologies sont franchement nauséabondes avec leurs relents de totalitarisme. Voici donc, illustré par le talent, très sûr, de la dessinatrice Anne-Marie Weyers, un Insectaire incertain, puisque rien n'est... certain en ce monde, à commencer par l'humaine destinée, sans parler du sort que notre civilisation industrielle et ses pollutions réservent aux insectes ?

 

-Henry BAUCHAU, Le présent d'incertitude : journal 2002-2005, Actes Sud, Arles, avril 2007

*Quatrième de couverture :

 

"Je suis un homme parmi des milliards d'hommes, en communion peut-être avec d'autres artistes qui ressentent en cet instant la même paix, la même beauté, la même douleur sourde, l'incomplétude qu'ils ont décidé de transformer en travail. Ce que je comprends depuis peu, le travail importe plus que l'oeuvre achevée." H. B.

Parce qu'il est le lieu où se reflètent l'élaboration de l'oeuvre mais aussi son contexte, parce qu'il est également, dans les moments d'épreuve, le moyen de reprendre pied dans l'écriture, le Journal constitue un jalon privilégié dans la vie intérieure de Henry Bauchau.

Par la chronologie, ce volume fait suite à Passage de la Bonne-Graine (Actes Sud, 2002). Il accompagne les années 2002 à 2005, qui sont notamment celles du roman L'Enfant bleu (Actes Sud, 2004) et du recueil de poèmes alors en préparation, Nous ne sommes pas séparés (Actes Sud, 2006).

 

-Jacques BEAUCHARD, Liban, mon amour, Ed. de l’Aube, « L’Aube document », La Tour d’Aigues, avril 2007

*Présentation par l’éditeur :

 

Beyrouth: une jeune femme a décidé d'y être heureuse. Amoureuse et ouverte au monde, elle incarne le fruit de plusieurs cultures, l'intelligence et la douceur de vivre, une légèreté de l'être. Et, entre rêve et réalité, elle adore sa ville. Soudain, la guerre dite des 33 jours de l'été 2006 confronte le Liban à sa survie et, une fois de plus, à ses divisions douloureuses. Une guerre de représailles, presque par inadvertance, qui se déchaîne au grand étonnement de beaucoup, alors que s'annonce une belle saison touristique et que la ville est plus belle que jamais. Tout est jeté à bas ; pire, au milieu des ruines, on proclame "une victoire divine" tandis que la misère menace les plus modestes.

La jeune femme se retrouve comme sa ville, polyglotte et tournée vers l'avenir, trop à l'étroit dans les vêtements décousus du Liban qui, en proie aux rivalités et aux passions, se prête à devenir l'arène de la guerre des autres. N'est-il pas plutôt le pays de Canaan, mais aussi la terre de Babel que chacun veut posséder, le jardin où fleurissent les religions et où s'entrecroisent les langues et les ethnies? La ville et la jeune femme seront-elles emportées par la guerre civile?

 

-Calixthe BEYALA, L’Homme qui m’offrait le ciel, Albin Michel, Paris, avril 2007

 

-Nicolas BOUVIER, Le vide et le plein : carnets du Japon 1964-1970, préface de Grégory Leroy, Hoëbeke, coll. « Etonnants voyageurs », Paris, avril 2007 [rééd.]

 

-William CLIFF, Immense existence, poèmes, Gallimard, Paris, avril 2007

*Un extrait :

Paris la nuit

la rumeur de la ville pénètre nos chambres

on ouvre la fenêtre on voit sur le trottoir

marcher un homme qui a relevé le col

de son imperméable il marche calmement

son regard devant lui dirige ses pensées

(il est deux heures du matin) il marche seul

sur le trottoir mouillé pendant que les autos

autour à l’infini répandent leur rumeur

(on ferme la fenêtre pour ne plus l’entendre

mais on garde la vue de l’homme qui marchait

le col de son imperméable relevé

et jouissant de cette pluie fine qui tombe

et qui redonne à l’air enfin quelque fraîcheur)

 

 

-Frans DE HAES, Terrasses et tableaux, Le Taillis pré, Châtelineau, avril 2007

 

-Mohammed DIB, Poésies complètes, préface de Habib Tengour, La Différence, coll. « Œuvres complètes », Paris, avril 2007

*Présentation par Habib Tengour :

« Cette première édition des œuvres poétiques complètes de Mohammed Dib regroupe tous les ouvrages publiés du vivant de l’auteur ainsi que deux recueils inédits. Bien que le recours à la biographie ne soit pas essentiel pour la compréhension de sa poésie, on ne peut pas l’aborder sans tenir compte de la dimension algérienne. [...] La colonisation, le mouvement national, la guerre de libération, l’exil, l’indépendance, les désillusions de l’édification socialiste, la montée de l’intégrisme, la guerre civile, tous ces événements que l’Algérie a vécus/subis ont douloureusement marqué Mohammed Dib. Mais il ne faut pas minimiser l’infuence des amitiés littéraires, celles de ses deux aînés, Aragon et Guillevic, notamment, l’importance accordée à la littérature américaine et à son avant-garde poétique. [...]
La poésie de Dib doit, sans doute, son épure à l’activité romanesque de l’auteur qui connaît parfaitement l’exigence de chacun des registres. Le poème en sort nettoyé, les mots n’ont rien à prouver. Ils sont tout bonnement là, à leur place, débarrassés du pittoresque faussement réaliste, soigneusement choisis, disposés dans une métrique simple parce que savante et rigoureuse. [...] Dès les premiers écrits, en 1946-47, une voix originale, aux accents rimbaldiens et mallarméens clame/réclame le pouvoir d’un éros qui ne cessera de dévaster le jeune homme tout au long de sa carrière d’homme et d’entretenir la sédition telle que l’entendaient les grands maîtres soufis. »

HABIB TENGOUR

 

-François EMMANUEL, Partie de chasse, Actes Sud Papiers, Arles, avril 2007

*La quatrième de couverture :

 

« Dix-sept ans après la disparition de sa femme, l'héritier d'une dynastie d'industriels, perdu dans ses souvenirs, se fait rejouer le théâtre de son passé. Dans le cadre austère d'une bâtisse vidée de sa vie par les huissiers, ce sont ses deux domestiques, Arnold et Mittie, qui vont se charger de commémorer un étrange anniversaire, rejouant comme chaque année la scène du dernier repas donné en l'honneur d'une funeste partie de chasse. Tour à tour proie et prédateur, complice et délateur, chacun d'entre eux se trouve au cœur d'un huis clos mystérieux sur fond de chasse à courre. »

 

-Vera FEYDER, Dernière carte du tendre, La Part commune, Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), avril 2007

 

-Madeleine GAGNON, A l'ombre des mots : poèmes 1964-2006, L’Hexagone, Montréal, avril 2007

 

-Guy GOFFETTE, Le Pêcheur d’eau, Gallimard, coll. « Poésie », Paris, avril 2007

 

-Salah Al HAMDANI, Bagdad à ciel ouvert, illustrations de Salah Ghiad, L’Idée bleue/Ecrits des forges, Chaillé-sous-les-Ormeaux (Vendée)/ Trois-Rivières (Canada), avril 2007

*Extraits :

 

Je suis l'épi de blé guetteur de l'aube au bord du chemin interminable.

 

Je veux voir de loin ce qui se passe dans une ville qui ne m’attend plus(…)
Qui vais-je trouver derrière la porte mal fermée de ton attente? (…)
Quel gouffre désormais entre nous Mère.

 

Ma mère, comme la lumière,

N’a pas besoin du procès de l’obscurité

Mais d’un peu de silence (…)

Laissez l’amour ronger la haine qui habite le cœur de l’homme.

 

Oui le ciel de l’Irak sans Saddam est bleu!

 

-Tchitala Nyota KAMBA, Georges BLARY, (dessins), L'exilée de la Makelele, Des Plaines, Saint-Boniface, Man., avril 2007

 

-Caroline LAMARCHE, Karl et Lola, Gallimard, Blanche, Paris, avril 2007

*Un extrait :

 

Ils marchent sans savoir ce qui les fait marcher, pourquoi ils marchent ensemble ni quel projet les guide sinon l’instinct d’être ce qu’ils sont, c’est-à-dire rien, rien d’utile, rien qui guérisse ou soulage, rien que ce rien dont plus personne ne veut, l’état du monde aidant et filant vers le rien.

 

-Mona LATIF-GHATTAS, Ambre et lumière, Le Noroît, Montréal, avril 2007

*Un extrait :

 

N'en déplaise à ceux dont les pieds nuits et jour macèrent dans la matière

Les poètes ne sont pas les rêveurs que l'on pense

Ils n'ont d'égal à leur misère

Que leur lucidité

 

-Antonine MAILLET, Pierre bleu, Actes Sud/Léméac, Arles/Montréal, avril 2007

*La quatrième de couverture :

 

Pierre Bleu est-il le fou du village ou le fils étrange né du conflit entre Dieu et le Diable ? Il est, en tout cas, doté d'une longévité indéniable et il règnera sur les destinées du village acadien de Grand-Petit-Havre assez longtemps pour le voir grandir, se développer et accéder à sa modernité en s'arrachant au mythe de ses origines : la déportation.

À travers les ravages de la guerre et de la grippe espagnole, dans ce combat incessant pour la survie d'une culture, Pierre Bleu aura pour protégée la petite Bibiane, qui deviendra la mère supérieure du couvent, acharnée à sauver la langue de son peuple plus que son âme, car il faut une langue pour prier et une langue pour rêver.

Antonine Maillet poursuit ici la grande saga de son Acadie natale, lieu mythique autant que réel, où s'ébattent, dans l'absolue liberté d'une langue jubilatoire, Dieu, le Diable et les anges, les vivants et les morts, le Léviathan, des renards et des corbeaux et des Acadiens aussi démesurés que ce bout de pays dont ils sont l'incarnation.

 

*Un extrait :

 

Elle pleure doucement sur la tombe de son père. Sous le bras, ce jour-là, il serait celui d'un fiancé du Bas-du-Fleuve, la propre de l'abbé Michel.

Elle revoit les années, les siècles qui la séparent du bonheur. Un bonheur si court qu'il s'était forgé en profondeur. Lové au creux de ses reins, il était resté intact. Elle parle à son père, il a fait ce qu'il a pu, elle le sait. Pousser plus loin sa colère, c'eût été de la révolte. Et la révolte frôle la rébellion. Le peuple dont il faisait partie et qui le respectait devait ravaler sa honte. Les temps n'étaient pas encore arrivés, il fallait se soumettre, attendre l'affranchissement qui évoluait en sourdine, rampait à fleur de sol. Bibiane était la sacrifiée sur l'autel du conformisme religieux et de la coutume... du Temps, son ennemi.

 

-Andrée A.MICHAUD, Le Ravissement, Les 400 coups, Outremont (Québec), avril 2007 [parution en France, L’Instant même 2001]

 

-Laurent POLIQUIN, Le Vertigo du tremble, Des Plaines, Saint-Boniface, Manitoba, avril 2007 (Distribution en France, Québec 2005)

 

-Georges RODENBACH, Les Essais critiques d’un journaliste, choix de textes précédé d'une étude par Paul Gorceix, Honoré Champion, Paris, avril 2007

*La présentation par l’éditeur :

 

« Cet ouvrage n'a pas seulement une valeur documentaire. Il resitue Georges Rodenbach, figure essentielle quoique méconnue de la Jeune Belgique, dans cette mouvance dont Paul Gorceix, ses abondants travaux le prouvent, est l'un de ses plus éminents connaisseurs. Il révèle qu'on ne doit pas seulement à Rodenbach ce roman-culte qu'est Bruges la-Morte, l'œuvre en prose qui a occulté les autres, Le Carillonneur notamment, mais un regard particulièrement lucide et visionnaire sur l'art de son temps. Ce regard est d'abord celui d'un journaliste au sens le plus noble du terme. Gorceix nous expose la façon pittoresque dont le goût de la chronique lui est venu : en rédigeant une feuille pour vacanciers sur le littoral belge. Cela lui a suffi pour comprendre les attraits et les atouts de ce que Jorge Luis Borges appelait "la littérature qui se dépêche". Il deviendrait un orfèvre de cette spécialité. Il se sentait un devoir d'informer ses compatriotes de ce à quoi, du fait de son exil à Paris, il pouvait assister des premières loges. Sa position mitoyenne lui permettait d'adopter tout naturellement l'attitude idéale du bon journaliste, faite de distance et de proximité à la fois, d'adhésion et de détachement. »

 

-Leïla SEBBAR, Marguerite, Actes Sud Junior, Babel J, Arles, avril 2007 (Adolescents)

*Le premier chapitre :

 

J’ai eu un chagrin… Un chagrin immense. J’ai compris ce jour-là qu’on peut mourir de chagrin. Mourir d’amour… Mais je ne suis pas morte. Quand le cousin m’a annoncé la nouvelle, je n’ai pas parlé. Je n’ai rien dit. Paralysée. Je n’ai pas bougé jusqu’au lendemain matin. C’est le facteur qui m’a réveillée, brutalement. La porte n’était pas fermée, ni les volets, il m’a vue assise, la tête entre mes bras croisés, sur la table de la salle à manger. Il a cru que j’avais eu une attaque, il est entré et il m’a secouée. Il a pris peur parce que je l’ai regardé sans le reconnaître, les yeux ouverts, je ne le voyais pas. Il ne savait pas ce qui m’arrivait. Il a déposé le journal comme il l’a toujours fait, au coin de la table et il a continué sa tournée.

 

-Michel TREMBLAY, Le Trou dans le mur, Actes Sud, Arles, avril 2007

*La quatrième de couverture :

 

« À la manière d'Alice dans le terrier du Lapin blanc, François Laplante fils est entraîné malgré lui dans une étrange aventure quand cinq acteurs de la faune la plus bizarre du redlight de Montréal vont lui confesser leurs secrets inavouables. D'un coup, sa vie bascule comme dans un roman gothique du XIXe siècle : est-il réellement victime d'hallucinations quand il écoute dans le musée du Diable ces cinq âmes en peine qui attendent littéralement l'heure de leur libération ? Bien malin qui dira si leurs souvenirs des grandes heures du quartier de la Main ne sont pas inventés par un esprit qui souffre joyeusement du syndrome de l'imposteur...

Suivant l'art du funambule, Michel Tremblay joue de finesse avec les mirages du réalisme et les couleurs du fantastique, puisant dans un art de la composition qui a nourri les pages les plus lumineuses des Chroniques du Plateau-Mont-Royal. »

 

 

Quelques ouvrages critiques :

 

-Didier CAHEN, Edmond Jabès, Seghers, coll. “Poètes d’aujourd’hui”, Paris, avril 2007

 

-Beïda CHIKHI, Assia Djebar, histoires et fantaisies, Presses de l’Université Paris Sorbonne, coll. « Lettres francophones », Paris, avril 2007

 

-Axel GASQUET, Modesta SUAREZ (dir.), Ecrivains multilingues et écritures métisses : l'hospitalité des langues, Presses Universitaires Blaise Pascal, « littératures », Clermont-Ferrand, avril 2007

 

-Philippe GIRARD, Alain ROCHAT, C. F. Ramuz, Igor Strawinsky : Histoire du soldat, chronique d'une naissance, Slatkine, Genève, avril 2007

 

-Germain KOUASSI, Le phénomène de l'appropriation linguistique et esthétique en littérature africaine de langue française : le cas des écrivains ivoiriens : Dadie, Kourouma et Adiaffi, préface de Landry Komenan A., Publibook.com, Paris, avril 2007

 

-Jacques MARTINEAU, 100 romans québécois qu'il faut lire, Nota Bene, NB Poche, Québec, avril 2007

 

-Patrice BRASSEUR, Georges Daniel VÉRONIQUE (dir.), Mondes créoles et francophones : mélanges offerts à Robert Chaudenson, L’Harmattan, Paris, avril 2007

 

Nous retiendrons les sorties en édition de poche de Comment devenir un monstre de Jean BARBE, Partir de Tahar BEN JELLOUN, Le dehors et le dedans de Nicolas BOUVIER, Dée de Michael DELISLE, Qui se souvient de la mer ? préfacé par Mourad Djebel de Mohammed DIB, Portrait du décolonisé arabo-musulman et de quelques autres d’Albert MEMMI, Maigret s'amuse de Georges SIMENON et Un désir fou de danser d’Elie WIESEL.

 

Informations recueillies et présentées par Circé Krouch-Guilhem

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Mardi 1 mai 2007
Publication du numéro 2 de la revue de poésie mauricienne
Point-Barre : la poésie à fleur de peau



(Ce texte est mis en ligne tel qu'il nous a été envoyé par la revue)

La revue de poésie Point-Barre vient de sortir son deuxième numéro, cette fois consacré au thème de la sensualité. L'équipe éditoriale, coordonnée par l'écrivain Yusuf Kadel, y invite plus de vingt poètes à s'exprimer sous le titre "A fleur de peau" et rend hommage à Emmanuel Juste.

Le point le plus frappant du nouveau numéro de Point-Barre est qu'il propose davantage de textes et qu'il s'est ouvert à quatre poètes contemporains étrangers. On y découvrira ainsi un texte du Marocain Abdellatif Laâbi, qui au-delà de son oeuvre, a également traduit des poètes arabes. Installé en France depuis 1985 après avoir connu la prison pour ses idées dans son pays natal, il écrit aussi des romans, des pièces de théâtre et des ouvrages pour la jeunesse. Professeur à l'université de Louvain en Belgique et âgé de trente-six ans, Arnaud Delcorte se fait connaître à travers Trois poèmes courts. Plus près de nous, Catherine Boudet est Réunionnaise, chargée de cours à l'université de la Réunion et auteure d'une thèse sur la diaspora mauricienne en Afrique du Sud. Elle propose ici deux poèmes sous le titre, Ecriture-Limbes et Constelle d'azur fou. Jean-Claude Abada, qui nous vient du Cameroun, est quant à lui en séjour à Maurice pour les besoins de sa thèse de doctorat sur le tragique dans le roman francophone où il se penche entre autres sur l'oeuvre d'Ananda Devi. S'il a déjà publié au Cameroun, il propose ici Hâte-toi lentement.

Point-Barre s'ouvre sur une préface introductive de Khal Torubally, qui donne ici une lecture analytique des différents textes. Réalisé en hommage à Emmanuel Juste, ce numéro commence par un de ses poèmes : Pour une résurrection, un hymne à celle qui " rassemble ce qui est épars " ? Et c'est son épouse, Marie-Françoise, qui conclut le tout avec Au temps de l'eau. Les autres poètes mauriciens sont par ordre d'apparition : Umar Timol, Ananda Devi, Jocelyn Siou, Yusuf Kadel, Gillian Geneviève, Odile Le Chartier, Sylvestre Le Bon, Vinod Rughoonundun, Alex Jacquin-Ng, Shawkat Toorawa, Jean-Claud Andou, Michel Ducasse, Anil Rajendra Gopal, Rattan Gujadhur et Vincent Pellegrin.

La revue lance aussi une passerelle dans le temps en agrémentant la couverture d'une évocation de la célèbre toile Le déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet, ainsi que d'un poème de Paul Verlaine publié au dos. Si elle entend privilégier les textes actuels d'auteurs mauriciens, Point-Barre est ouverte à toutes les formes poétiques, et à des styles et idées très différents.
La revue sera en vente à partir de Vendredi dans toutes les bonnes librairies de l'Ile. Si vous résidez à l'étranger et que vous souhaitez vous procurer un exemplaire, vous pouvez le faire en envoyant un mail à barre.point@gmail.com
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Lundi 16 avril 2007

 

Quelques parutions francophones du mois de mars 2007

 


-Mariama BARRY, Le cœur n’est pas un genou que l’on plie, Gallimard, « Continents noirs », Paris, mars 2007

*Un extrait figurant sur la quatrième de couverture :

 

 

 

‘La tête sans savoir portera les fardeaux... La chance est au bout des pieds... Nul ne connaît l'histoire de la prochaine aurore... La pointe de l'épine se forme quand l'arbre est jeune... Il n'est pas meilleure cohabitation que les dents et la langue... N'ayant rien payé pour son physique, on n'a aucun mérite s'il est beau... Voir la panthère et prétendre l'ignorer, c'est s'attendre à ses griffes... L'héritier d'un noyé ne doit pas jouer sur les rives... Quand toutes les barbes prennent feu, chacun s'occupe de la sienne...’

-Denise BONAL, Les Tortues viennent toutes seules, Ed. Théâtrales, Montreuil-sous-bois, mars 2007

*Quatrième de couverture, présentation par l’éditeur :

 

« 1954. Jour de noces. Et jour de guerre. Avec au premier plan, l'insouciance de la mariée, les sarcasmes du père et les souvenirs de la grand-mère, le temps balance entre grande joie et petits drames du mariage. Mais, avec en toile de fond les «événements» algériens, les coeurs vacillent entre un optimisme volontaire et une réalité plus crue. Denise Bonal propose une ronde haletante autour de l'hymen comme métaphore de la vie.

Dans une habile construction entre présent et futur, l'auteur décrit par touches sensibles, pastel et pourtant sanglantes, le malheur des familles dépassées par l'Histoire. Par une écriture entre silences et retenue, sa pièce mêle avec brio l'intime et le politique, les pulsions d'amour et de mort. Voici une oeuvre rare, un objet précieux qui comblera lecteurs et acteurs." 

 

-Xavier DEUTSCH, Trilogie, Le grand jeu des courages de l'ours en Alaska, Le bestiaire de Rotterdam, En haut de la Terre, Le Cri, Bruxelles, mars 2007

 

-Ousmane DIARRA, Pagne de femme, Gallimard, « Continents noirs », mars 2007

*Extrait figurant sur la quatrième de couverture :

 

 

An de grâce Un. Année de l'enfant djinn ! Ce fut celle de la danse impossible. La danse des grands sorciers et des grands initiés : tu refuses de danser, tu meurs. Tu fais un faux pas, tu trépasses.

Seuls les Anciens possédaient les pas de cette danse-là ! Mais les Anciens s'en étaient allés. Avec tous leurs secrets. Dépités d'un monde qui n'était plus le leur. Auquel ils ne comprenaient plus rien ! Un monde comme un pagne de femme coquine, jamais véritablement noué, et à dessein pour embêter les hommes ! 

-Paul EMOND, Histoire de l'homme : pièce fleuve, mobile, chaotique et à suivre, Volume 1, théâtre, Lansman, Carnières Morlanwelz, mars 2007

*Les premières lignes :

 

BATAILLE DE PECUVARD ET BOUCHET

Pécuvard et Bouchet se tiennent l'un l'autre par le menton et chantent :

Je te tiens tu me tiens par la barbichette

Le premier qui rira aura une tapette

Ils se fixent un long moment.

Pécuvard : Bouchet, tu as ri.

Bouchet : Faux, Pécuvard.

Pécuvard : Je t'ai vu, Bouchet.

Bouchet : Tout faux, je ne ris pas. C'est toi qui ris, Pécuvard.

Pécuvard : Je ne ris pas du tout, Bouchet.

Bouchet : Moi non plus, Pécuvard.

Pécuvard : Ça ne marche pas trop bien, ce jeu.

Bouchet : Alors, on règle ça au bâton.

Pécuvard : Riche idée, Bouchet.

Ils prennent deux bâtons, s'assomment, puis se relèvent.

Bouchet : Match nul.

Pécuvard : On remet ça.

Ils se reprennent le menton l'un de l'autre et chantent :

Je te tiens tu me tiens par la barbichette
Le premier qui rira aura une tapette
Ils se fixent un long moment.

 

 

Pécuvard : Bouchet, tu as ri.

 

-Hubert HADDAD, Oholiba des songes, Zulma, Cadeilhan (Gers), mars 2007 [Table ronde, 1989]

*Un extrait :

 

 

Il ne s’était jamais vraiment douté avant cette nuit déchirante et nulle du poids de violence que dissimulait son flegme devant la frénésie des événements. Sa vie entière prenait un sens nouveau, comme s’il avait subitement découvert l’envers monstrueux de l’innocuité d’être. L’espèce de stupeur sacrée que provoquait en lui l’immanquable abomination humaine l’avait jusqu’à présent tenu à l’écart, en témoin fugitif du désastre où s’engouffrent martyrs et tyrans d’une loterie d’enfer. Une femme au regard de revenante venait de détruire la distance évasive entre le monde et lui. Il se savait désormais capable du pire ; une fièvre de mort le brûlait, nourrie de toutes les images d’exécutions sommaire de tortures, de tueries à la sauvette que ses appareils photographiques avaient distraites de la fugacité honteuse du réel.

 

 

« Samuel Faun est photographe de guerre. Cette vocation lui est venue en Europe centrale, lorsque enfant il vit massacrer sa famille. A New York, entre deux reportages, il entre par hasard dans un théâtre yiddish du Lower East Side, où se joue une étrange pièce : Oholiba des songes, l'autre nom de Jérusalem. » (Electre) 

 

 

-Loys MASSON, Saint Alias Suivi de La chose, Arbre vendeur, coll. « L’Alambic », Talence, mars 2007 [Saint Alias, 1947, La Chose in Des Bouteilles dans les yeux, 1970]

 

*La quatrième de couverture, présentation par l’éditeur :

 

« Satan s'est finement vengé du talent de Loys Masson. Il l'a relégué dans un angle mort de la Bibliothèque où ses mots ardents se consument en vain. Il le punit d'avoir si bien su le dépeindre sous les traits de Monsieur Alias, ce voisin aimable dont nous rêvons tous.

Dans ces pages hantées de poésie et d'ironie, l'auteur de ces «short stories» nous livre un portrait inoubliable, à la fois proche et infiniment mystérieux, de cette figure qui a toujours su se faire aimer des hommes et combler leurs désirs pour mieux révéler ce que cachent leurs âmes. »

 

-Marcel MOREAU, Souvenirs d'immensité avec troubles de la vision : précipité de notes prises lors d'un voyage Moscou-Pékin en 1985, Arfuyen, mars 2007

 

-Laure MOUTOUSSAMY, Le Kooli de morne Cabri, Ibis Rouge, Matoury (Guyane française), mars 2007 

 

-Pius Nkashama NGANDU, L'Empire des ombres vivantes, L’Harmattan, « Théâtre des cinq continents », Paris, mars 2007

*Présentation par l’éditeur : 

 

« Cette pièce est conçue à la manière d'une allégorie poétique. Au milieu des paraboles et des légendes mythiques, se bousculent des ombres, des spectres, des visions entrevues durant un songe. Tout se déroule aux pourtours des espaces indiqués par des symbolismes particuliers : les mangroves sur les bords des marécages et des marais d'où émergent des êtres étranges. »

-Pius Nkashama NGANDU, Bonjour Monsieur le ministre !, L’Harmattan, « Théâtre des cinq continents », Paris, mars 2007

*Présentation par l’éditeur :

 

« Une épouse loyale aux belles allures de princesse, un futur et bien probable Ministre des Oiseaux migrateurs au portefeuille variable, un négociant des tropiques transformé en "homme d'affaires" avisé qui demeure un néocolonial nullement ombrageux. Au travers de ces effigies parodiques, l'auteur a réuni les ingrédients les plus sulfureux afin de reproduire par le drame un espace total pour les antagonismes permanents. Au-delà de la raillerie, l'auteur dénonce les incohérences des systèmes politiques qui se bousculent dans une Afrique secouée par des rébellions et des batailles sanglantes." 

 

Signalons également la réédition chez L’Harmattan de La rédemption de Sha Ilunga du même auteur. 

 

-Jean PORTANTE, Le Travail du poumon, Le Castor Astral, Bègles, mars 2007

*Présentation par le Castor Astral :

  « Le poumon, c’est la langue qui dans la langue respire. L’oralité subvertissant l’écrit. Telle est la substance de ce livre. Une sorte de mode d’emploi, de regard dans la fabrique du poème. Nous voici en chemin, dans l’entre-deux de la langue et de sa métamorphose, avec pour sentinelles fragiles le cerf d’automne qui donne la vie et la mort, et la baleine ancestrale condamnée à la fatigue de la respiration. De ces sentinelles dépend la marche des choses, la métaphorisation du réel. Parce que voilà ce que fait ce poème : raconter. Raconter la vie et ce qui l’intranquillise. Or, raconter, c’est courir le risque de l’oubli, et celui de la plus parfaite des mémoires. D’où les incessants « effaçonnements » qui font et défont le texte. Comme s’il était une Aspirine se dissolvant dans l’eau, afin que soit mise à nu la langue première. Tel est le travail du poumon, une colonisation de la langue visible (le français) par la langue de l’origine (l’italien), plaçant la vérité du texte sur le point d’intersection entre un Sud et un Nord qui se regardent avec méfiance ; tout en rappelant que qui dit point d’intersection parle davantage d’absence de rencontre que de rencontre. Se construit ainsi une architecture du livre qui, de chapitre en chapitre, revisite quelques maîtres de la poésie – Borges et Gelman avant tout, mais aussi Pavese. Une poésie dans laquelle s’ourdit la tragédie du voyage qui – la baleine et Ulysse le savent – dit sans cesse que partir signifie à la fois ne jamais arriver et ne jamais revenir. »

 *Extrait figurant sur la quatrième de couverture :

 

 

LORSQUE J’ÉCRIS c’est comme si je plongeais une Aspirine dans un verre d’eau. Voilà du moins ce que je voudrais. Diluer la langue ainsi utilisée, afin que, dissoute, elle se mette à nu, comme on le dit d’un câble électrique qui, quand on le touche, met à mort. La mise à mort, ce serait l’histoire. Mon histoire. Une histoire que l’écriture a tendance à effacer. Mais qui, disparaissant, s’agite tel un poisson bouté hors de l’eau. LA BALEINE ME VIENT À L’ESPRIT.

 

 

-Nohad SALAMEH, La Revenante, Illustrations de Nadia Saïkali, Voix d’encre, Montélimar, mars 2007 

 

 

-Leïla SEBBAR, Le Ravin de la femme sauvage, nouvelles, Thierry Magnier, Paris, mars 2007

*Les premières lignes :

 

Elles font le boulevard

C'est une ville coloniale prospère. Dans les villas, notables et colons bavardent les soirs d'été, derrière les lourdes bougainvillées, roses, rouges, violettes, on les entend sans les voir, les voix des femmes rient trop fort, cascades pointues jusqu'au cri strident. Qui les fait rire ainsi ? Les jeunes filles de la Colonie vont par petites bandes sur le boulevard, boulevard de la République ? aller-retour, chuchotant et riant, leurs cheveux s'agitent en boucles, les jeunes légionnaires les regardent, ils sourient, ils vont et viennent, les mêmes, chacune se réserve le plus beau jusqu'au prochain boulevard, les frères, de loin, surveillent les soeurs, qu'elles ne rient pas si haut, les militaires qui les croisent sauront ce qu'elles cherchent, à plaire, oui, à plaire seulement, savoir cela, qu'elles plaisent à ces hommes qui feront la guerre, bientôt. Elles ignorent encore le boulevard interdit, dangereux, et les rires des jeunes filles qui rient aux éclats cesseront, les regards du désir se porteront vers des lignes de crête désertes, les vierges rieuses oubliées, le rire des femmes qu'on réserve aux soldats sous la tente ou dans le camion du BMC n'est pas le rire du boulevard dans la ville. Sidi Bel Abbès maison mère de la Légion où, en 1843, s'installe le 3e bataillon du 1er régiment étranger, un simple poste militaire deviendra une ville en 1847, après le soulèvement des Béni Ameur expulsés au Maroc en 1845. Dans la même ville, le 11 août 1961 «tombe le dernier légionnaire en Algérie, lors d'une fusillade dans le jardin public de la ville ». 

 

Augustin de Moerder, le frère d'Isabelle Eberhardt, «Isabelle l'Algérien», légionnaire à Sidi Bel Abbès aura-t-il croisé, dans les dernières années du XIXe siècle, les jeunes filles de la promenade, le boulevard existait-il et les familles nées dans ce pays, les ancêtres venus d'Espagne ou de France, gardaient-elles enfermées les filles à marier ? Augustin a peut-être rencontré, aristocrate russe déguisé en légionnaire français «nouveau soldat créé par la France» en 1831, une jeune et belle Andalouse, des ancêtres arabes avant la chute de Grenade, les yeux noirs des femmes de la campagne où il galope à cheval comme sa soeur Isabelle, Ténès et El Oued et Ain Séfra, autour des fermes de Ténira ou Tabia, près de Sidi Bel Abbès.

 

Signalons également la parution d’une nouvelle de Leïla SEBBAR, Le Vagabond, chez Bleu autour, dans la collection « D’un lieu l’autre ».
 

-Salah STÉTIÉ, La Nuit de la substance, Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière (Hérault) mars 2007

Salah Stétié, poète libanais, engage une réflexion sur la création, lieu vers lequel convergent réalité et imaginaire.

 

-Yolande VILLEMAIRE, India, India, XYZ éditeurs, Montréal, mars 2007

Troisième volet de la vie de Miliana Tremblay.

 

-Amin ZAOUI, Festin de mensonges, Fayard, Paris, mars 2007
 

*La quatrième de couverture :

 

‘J'aime faire l'amour avec des femmes mûres. Cela doit me venir de ma tante, la sœur jumelle de ma mère, qui m'a dépucelé. Dans la grange où nous nous retrouvions, elle criait fort le nom d'Allah au moment de jouir. Ensuite j'ai connu d'autres femmes. Toutes m'ont apporté des choses. L'alcool, le tabac, les livres des roumis. En plus du sexe. Je crois que je les aimais autant qu'il est possible d'aimer Allah lui-même. Mais ce n'était pas du goût de tous. L'Algérie venait d'obtenir l'indépendance et, arrivés d'Egypte ou de Palestine, les Frères musulmans devenaient de plus en plus influents. Un jour il faudrait que je m'amende.’

 

Bâti en spirale et écrit dans un style incantatoire et sensuel, Festin de mensonges est un récit d'apprentissage d'un genre nouveau, trouble, déroutant, où les tiraillements et les retours en arrière ont la part plus belle que les certitudes. Il raconte la gageure de grandir pour un adolescent d'Algérie qui lit Les fleurs du mal en cachette mais connaît le Coran par cœur, et qui aime les femmes avec cette sorte de piété qui n'est réservée qu'à Dieu.

 

-Ahmed ZITOUNI, Y a-t-il une vie avant la mort ?, La Différence, coll. « Littérature », Paris, mars 2007

« Un écrivain dépressif, alcoolique et solitaire est interrompu par un des personnages de ses romans qui lui demande réparation pour l'avoir tué, vingt ans plus tôt, dans son premier roman. L'auteur tente de se justifier et la confrontation se poursuit jusqu'au lieu du crime, la cité de l'Avenir radieux. Premier volet d'une trilogie consacrée à la mort. » (Electre)
 

Nous retiendrons aux éditions XYZ, dans la collection « Romanichels Poche » La Gare de Sergio KOKIS, Aimez-moi d’Yves BOISVERT Yves et Le facteur émotif de Denis THÉRIAULT. En format poche, Tahar BEN JELLOUN, Le discours du chameau Suivi de Jénine : et autres poèmes, préfacé par François Bott, publié chez Gallimard dans la collection « Poésie », et Johnny chien méchant d’Emmanuel DONGALA chez Le Serpent à plumes.
 


Et dans la catégorie bandes dessinées :

 

-Enki BILAL, Le Sommeil du monstre vol. 4, Quatre ?, Casterman, Bruxelles, mars 2007

Quatrième volet, suite et fin de sa Tétralogie du Monstre.

 

*Un extrait :

- Garçon ?

- Oui monsieur ?

- Cette entrecôte de salers n'a aucune odeur, aucune saveur, aucun goût... et le bordeaux, c'est de la flotte. Paris est une ville sans odeur... Qu'est-ce qui se passe ?

- Je ne sais pas, monsieur, faut voir avec le responsable.

- Je peux vous avouer quand même quelque chose ?

- Ca dépend.

- Eh bien, je me suis toujours demandé pourquoi François Mitterrand est allé à Sarajevo le 28 juin 1992. Pourquoi justement le 28 juin ? Tout le monde sait que c'est non seulement la fameuse date de la bataille héroïque, dont les Serbes sont si fiers, contre les Ottomans à Kosovo Polje en 1389, mais aussi celle de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand en 1914, à Sarajevo aussi, comme par hasard. Tout ça est lourd de symboles... Vous n'y voyez pas comme un peu de provocation ?

- Je ne sais pas de quoi vous parlez, monsieur, faut voir avec le responsable. 

 

 

Informations sélectionnées et recueillies par Circé Krouch-Guilhem 

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Lundi 16 avril 2007

Quelques parutions francophones du mois de février 2007 :

 

 

 

 

 

 

 

-Salim BACHI, Les Douze contes de minuit, nouvelles, Gallimard, « Blanche », Paris, février 2007

*La quatrième de couverture :

 

 

‘Les Algériens décidèrent de s'entre-tuer. La guerre investit Cyrtha l'immémoriale. Sur le champ de bataille, la raison des uns égorgeait la raison des autres. On se trucidait pour l'amour de Dieu, de la Liberté, du Bien, du Beau, du Vrai. On assassinait des enfants pour le bonheur universel. Contents et heureux, on quittait ensuite cette terre pour se reposer dans les vertes prairies d'Allah...’

 

 

 

 

Ce recueil de douze nouvelles clôt le cycle de Cyrtha, ville imaginaire où se situaient les deux premiers romans de Salim Bachi. L'auteur propose ici la saisissante vision d'une Algérie contemporaine souvent absurde et violente, hantée par d'inépuisables ressentiments et par un désenchantement qui a rongé jusqu'à sa jeunesse. L'écriture, tour à tour lyrique et grinçante, entraîne ces récits dans une succession de tableaux presque somnambuliques.

 

 

 

 

-Jacques CHESSEX, Le vampire de Ropraz, Grasset, Paris, février 2007

*La quatrième de couverture :

 

 

‘Dans ces campagnes perdues une jeune fille est une étoile qui aimante les folies.’

En 1903 à Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, la fille du juge de paix meurt à vingt ans d'une méningite. Un matin, on trouve le couvercle du cercueil soulevé, le corps de la virginale Rosa profané, les membres en partie dévorés. Horreur. Stupéfaction des villages alentour, retour des superstitions, hantise du vampirisme, chacun épiant l'autre au coeur de l'hiver. Puis, à Carrouge et à Ferlens, deux autres profanations sont commises. Il faut désormais un coupable. Ce sera le nommé Favez, un garçon de ferme aux yeux rougis, qu'on a surpris à l'étable. Condamné, emprisonné, soumis à la psychiatrie, on perd sa trace en 1915.

 

 

 

 

 

*Les premières lignes :

 

 

Ropraz, dans le Haut-Jorat vaudois, 1903. C'est un pays de loups et d'abandon au début du vingtième siècle, mal desservi par les transports publics à deux heures de Lausanne, perché sur une haute côte au-dessus de la route de Berne bordée d'opaques forêts de sapins. Habitations souvent disséminées dans des déserts cernés d'arbres sombres, villages étroits aux maisons basses. Les idées ne circulent pas, la tradition pèse, l'hygiène moderne est inconnue. Avarice, cruauté, superstition, on n'est pas loin de la frontière de Fribourg où foisonne la sorcellerie. On se pend beaucoup, dans les fermes du Haut-Jorat. A la grange. Aux poutres faîtières. On garde une arme chargée à l'écurie ou à la cave. Sous prétexte de chasse ou de braconne on choie poudre, chevrotine, gros pièges à dents de fer, lames affûtées à la meule à faux. La peur qui rôde. A la nuit on dit les prières de conjuration ou d'exorcisme. On est durement protestants mais on se signe à l'apparition des monstres que dessine le brouillard. Avec la neige, le loup revient. Il n'y a pas si longtemps qu'on a tué le dernier, en 1881, sa dépouille empaillée s'empoussière à douze kilomètres dans une vitrine du musée du Vieux-Moudon. Et l'horrible ours venu du Jura. Il a éventré des génisses il n'y a pas quarante ans dans les gorges de la Mérine. Les vieux s'en souviennent, ils ne rient pas à Ropraz ni à Ussières. Au temps de Voltaire, qui a habité le château d'en bas, au hameau d'Ussières, les brigands attendaient sur la route principale, celle de Berne, des Allemagnes, plus tard les soldats revenus des guerres de la Grande Armée rançonnaient les honnêtes gens. On fait très attention quand on engage un trimardeur pour la moisson ou la pomme de terre. C'est l'étranger, le fouineur, le voleur. Anneau à l'oreille, sournois, le laguiole glissé dans la botte.

 

 

 

 

 

-Maryse CONDÉ, Comme deux frères, théâtre, Lansman, coll. « Beaumarchais », Carnières Morlanwelz, février 2007

« Deux amis d'enfance se retrouvent en prison. La veille du procès, ils ont peu d'espoir de parvenir à convaincre les juges mais souhaitent faire valoir des circonstances atténuantes. Reste à savoir si leur amitié va résister à cette épreuve car la tentation de se décharger sur l'autre est grande. » (Electre)

 

 

 

 

-Paul EMOND, Le sourire du diable, théâtre, Lansman, Carnières Morlanwelz, février 2007

*Paul Emond à propos de sa pièce :

 

« Le Sourire du diable est une de mes pièces les plus récentes mais son thème principal, la fascination de l’artiste pour l’homme de pouvoir et les démêlés que le premier peut avoir avec le second, m’intéresse depuis longtemps. (…). Ce genre d’histoire n’appartient ni au passé ni au présent, elle est de toujours et elle peut très bien ressurgir demain, ici comme ailleurs. »

 

 

 

 

 

Nous retiendrons les sorties en éditions de poche de Je t’oublierai tous les jours de Vassilis ALEXAKIS, La Plantation de Calixthe BEYALA, Adèle et la pacotilleuse de Raphaël CONFIANT, et Harraga de Boualem SANSAL.

 

 

 

Informations sélectionnées et recueillies par Circé Krouch-Guilhem

 

 

 

 

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