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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 16:00

 

Quelques parutions francophones du mois de mars 2007

 


-Mariama BARRY, Le cœur n’est pas un genou que l’on plie, Gallimard, « Continents noirs », Paris, mars 2007

*Un extrait figurant sur la quatrième de couverture :

 

 

 

‘La tête sans savoir portera les fardeaux... La chance est au bout des pieds... Nul ne connaît l'histoire de la prochaine aurore... La pointe de l'épine se forme quand l'arbre est jeune... Il n'est pas meilleure cohabitation que les dents et la langue... N'ayant rien payé pour son physique, on n'a aucun mérite s'il est beau... Voir la panthère et prétendre l'ignorer, c'est s'attendre à ses griffes... L'héritier d'un noyé ne doit pas jouer sur les rives... Quand toutes les barbes prennent feu, chacun s'occupe de la sienne...’

-Denise BONAL, Les Tortues viennent toutes seules, Ed. Théâtrales, Montreuil-sous-bois, mars 2007

*Quatrième de couverture, présentation par l’éditeur :

 

« 1954. Jour de noces. Et jour de guerre. Avec au premier plan, l'insouciance de la mariée, les sarcasmes du père et les souvenirs de la grand-mère, le temps balance entre grande joie et petits drames du mariage. Mais, avec en toile de fond les «événements» algériens, les coeurs vacillent entre un optimisme volontaire et une réalité plus crue. Denise Bonal propose une ronde haletante autour de l'hymen comme métaphore de la vie.

Dans une habile construction entre présent et futur, l'auteur décrit par touches sensibles, pastel et pourtant sanglantes, le malheur des familles dépassées par l'Histoire. Par une écriture entre silences et retenue, sa pièce mêle avec brio l'intime et le politique, les pulsions d'amour et de mort. Voici une oeuvre rare, un objet précieux qui comblera lecteurs et acteurs." 

 

-Xavier DEUTSCH, Trilogie, Le grand jeu des courages de l'ours en Alaska, Le bestiaire de Rotterdam, En haut de la Terre, Le Cri, Bruxelles, mars 2007

 

-Ousmane DIARRA, Pagne de femme, Gallimard, « Continents noirs », mars 2007

*Extrait figurant sur la quatrième de couverture :

 

 

An de grâce Un. Année de l'enfant djinn ! Ce fut celle de la danse impossible. La danse des grands sorciers et des grands initiés : tu refuses de danser, tu meurs. Tu fais un faux pas, tu trépasses.

Seuls les Anciens possédaient les pas de cette danse-là ! Mais les Anciens s'en étaient allés. Avec tous leurs secrets. Dépités d'un monde qui n'était plus le leur. Auquel ils ne comprenaient plus rien ! Un monde comme un pagne de femme coquine, jamais véritablement noué, et à dessein pour embêter les hommes ! 

-Paul EMOND, Histoire de l'homme : pièce fleuve, mobile, chaotique et à suivre, Volume 1, théâtre, Lansman, Carnières Morlanwelz, mars 2007

*Les premières lignes :

 

BATAILLE DE PECUVARD ET BOUCHET

Pécuvard et Bouchet se tiennent l'un l'autre par le menton et chantent :

Je te tiens tu me tiens par la barbichette

Le premier qui rira aura une tapette

Ils se fixent un long moment.

Pécuvard : Bouchet, tu as ri.

Bouchet : Faux, Pécuvard.

Pécuvard : Je t'ai vu, Bouchet.

Bouchet : Tout faux, je ne ris pas. C'est toi qui ris, Pécuvard.

Pécuvard : Je ne ris pas du tout, Bouchet.

Bouchet : Moi non plus, Pécuvard.

Pécuvard : Ça ne marche pas trop bien, ce jeu.

Bouchet : Alors, on règle ça au bâton.

Pécuvard : Riche idée, Bouchet.

Ils prennent deux bâtons, s'assomment, puis se relèvent.

Bouchet : Match nul.

Pécuvard : On remet ça.

Ils se reprennent le menton l'un de l'autre et chantent :

Je te tiens tu me tiens par la barbichette
Le premier qui rira aura une tapette
Ils se fixent un long moment.

 

 

Pécuvard : Bouchet, tu as ri.

 

-Hubert HADDAD, Oholiba des songes, Zulma, Cadeilhan (Gers), mars 2007 [Table ronde, 1989]

*Un extrait :

 

 

Il ne s’était jamais vraiment douté avant cette nuit déchirante et nulle du poids de violence que dissimulait son flegme devant la frénésie des événements. Sa vie entière prenait un sens nouveau, comme s’il avait subitement découvert l’envers monstrueux de l’innocuité d’être. L’espèce de stupeur sacrée que provoquait en lui l’immanquable abomination humaine l’avait jusqu’à présent tenu à l’écart, en témoin fugitif du désastre où s’engouffrent martyrs et tyrans d’une loterie d’enfer. Une femme au regard de revenante venait de détruire la distance évasive entre le monde et lui. Il se savait désormais capable du pire ; une fièvre de mort le brûlait, nourrie de toutes les images d’exécutions sommaire de tortures, de tueries à la sauvette que ses appareils photographiques avaient distraites de la fugacité honteuse du réel.

 

 

« Samuel Faun est photographe de guerre. Cette vocation lui est venue en Europe centrale, lorsque enfant il vit massacrer sa famille. A New York, entre deux reportages, il entre par hasard dans un théâtre yiddish du Lower East Side, où se joue une étrange pièce : Oholiba des songes, l'autre nom de Jérusalem. » (Electre) 

 

 

-Loys MASSON, Saint Alias Suivi de La chose, Arbre vendeur, coll. « L’Alambic », Talence, mars 2007 [Saint Alias, 1947, La Chose in Des Bouteilles dans les yeux, 1970]

 

*La quatrième de couverture, présentation par l’éditeur :

 

« Satan s'est finement vengé du talent de Loys Masson. Il l'a relégué dans un angle mort de la Bibliothèque où ses mots ardents se consument en vain. Il le punit d'avoir si bien su le dépeindre sous les traits de Monsieur Alias, ce voisin aimable dont nous rêvons tous.

Dans ces pages hantées de poésie et d'ironie, l'auteur de ces «short stories» nous livre un portrait inoubliable, à la fois proche et infiniment mystérieux, de cette figure qui a toujours su se faire aimer des hommes et combler leurs désirs pour mieux révéler ce que cachent leurs âmes. »

 

-Marcel MOREAU, Souvenirs d'immensité avec troubles de la vision : précipité de notes prises lors d'un voyage Moscou-Pékin en 1985, Arfuyen, mars 2007

 

-Laure MOUTOUSSAMY, Le Kooli de morne Cabri, Ibis Rouge, Matoury (Guyane française), mars 2007 

 

-Pius Nkashama NGANDU, L'Empire des ombres vivantes, L’Harmattan, « Théâtre des cinq continents », Paris, mars 2007

*Présentation par l’éditeur : 

 

« Cette pièce est conçue à la manière d'une allégorie poétique. Au milieu des paraboles et des légendes mythiques, se bousculent des ombres, des spectres, des visions entrevues durant un songe. Tout se déroule aux pourtours des espaces indiqués par des symbolismes particuliers : les mangroves sur les bords des marécages et des marais d'où émergent des êtres étranges. »

-Pius Nkashama NGANDU, Bonjour Monsieur le ministre !, L’Harmattan, « Théâtre des cinq continents », Paris, mars 2007

*Présentation par l’éditeur :

 

« Une épouse loyale aux belles allures de princesse, un futur et bien probable Ministre des Oiseaux migrateurs au portefeuille variable, un négociant des tropiques transformé en "homme d'affaires" avisé qui demeure un néocolonial nullement ombrageux. Au travers de ces effigies parodiques, l'auteur a réuni les ingrédients les plus sulfureux afin de reproduire par le drame un espace total pour les antagonismes permanents. Au-delà de la raillerie, l'auteur dénonce les incohérences des systèmes politiques qui se bousculent dans une Afrique secouée par des rébellions et des batailles sanglantes." 

 

Signalons également la réédition chez L’Harmattan de La rédemption de Sha Ilunga du même auteur. 

 

-Jean PORTANTE, Le Travail du poumon, Le Castor Astral, Bègles, mars 2007

*Présentation par le Castor Astral :

  « Le poumon, c’est la langue qui dans la langue respire. L’oralité subvertissant l’écrit. Telle est la substance de ce livre. Une sorte de mode d’emploi, de regard dans la fabrique du poème. Nous voici en chemin, dans l’entre-deux de la langue et de sa métamorphose, avec pour sentinelles fragiles le cerf d’automne qui donne la vie et la mort, et la baleine ancestrale condamnée à la fatigue de la respiration. De ces sentinelles dépend la marche des choses, la métaphorisation du réel. Parce que voilà ce que fait ce poème : raconter. Raconter la vie et ce qui l’intranquillise. Or, raconter, c’est courir le risque de l’oubli, et celui de la plus parfaite des mémoires. D’où les incessants « effaçonnements » qui font et défont le texte. Comme s’il était une Aspirine se dissolvant dans l’eau, afin que soit mise à nu la langue première. Tel est le travail du poumon, une colonisation de la langue visible (le français) par la langue de l’origine (l’italien), plaçant la vérité du texte sur le point d’intersection entre un Sud et un Nord qui se regardent avec méfiance ; tout en rappelant que qui dit point d’intersection parle davantage d’absence de rencontre que de rencontre. Se construit ainsi une architecture du livre qui, de chapitre en chapitre, revisite quelques maîtres de la poésie – Borges et Gelman avant tout, mais aussi Pavese. Une poésie dans laquelle s’ourdit la tragédie du voyage qui – la baleine et Ulysse le savent – dit sans cesse que partir signifie à la fois ne jamais arriver et ne jamais revenir. »

 *Extrait figurant sur la quatrième de couverture :

 

 

LORSQUE J’ÉCRIS c’est comme si je plongeais une Aspirine dans un verre d’eau. Voilà du moins ce que je voudrais. Diluer la langue ainsi utilisée, afin que, dissoute, elle se mette à nu, comme on le dit d’un câble électrique qui, quand on le touche, met à mort. La mise à mort, ce serait l’histoire. Mon histoire. Une histoire que l’écriture a tendance à effacer. Mais qui, disparaissant, s’agite tel un poisson bouté hors de l’eau. LA BALEINE ME VIENT À L’ESPRIT.

 

 

-Nohad SALAMEH, La Revenante, Illustrations de Nadia Saïkali, Voix d’encre, Montélimar, mars 2007 

 

 

-Leïla SEBBAR, Le Ravin de la femme sauvage, nouvelles, Thierry Magnier, Paris, mars 2007

*Les premières lignes :

 

Elles font le boulevard

C'est une ville coloniale prospère. Dans les villas, notables et colons bavardent les soirs d'été, derrière les lourdes bougainvillées, roses, rouges, violettes, on les entend sans les voir, les voix des femmes rient trop fort, cascades pointues jusqu'au cri strident. Qui les fait rire ainsi ? Les jeunes filles de la Colonie vont par petites bandes sur le boulevard, boulevard de la République ? aller-retour, chuchotant et riant, leurs cheveux s'agitent en boucles, les jeunes légionnaires les regardent, ils sourient, ils vont et viennent, les mêmes, chacune se réserve le plus beau jusqu'au prochain boulevard, les frères, de loin, surveillent les soeurs, qu'elles ne rient pas si haut, les militaires qui les croisent sauront ce qu'elles cherchent, à plaire, oui, à plaire seulement, savoir cela, qu'elles plaisent à ces hommes qui feront la guerre, bientôt. Elles ignorent encore le boulevard interdit, dangereux, et les rires des jeunes filles qui rient aux éclats cesseront, les regards du désir se porteront vers des lignes de crête désertes, les vierges rieuses oubliées, le rire des femmes qu'on réserve aux soldats sous la tente ou dans le camion du BMC n'est pas le rire du boulevard dans la ville. Sidi Bel Abbès maison mère de la Légion où, en 1843, s'installe le 3e bataillon du 1er régiment étranger, un simple poste militaire deviendra une ville en 1847, après le soulèvement des Béni Ameur expulsés au Maroc en 1845. Dans la même ville, le 11 août 1961 «tombe le dernier légionnaire en Algérie, lors d'une fusillade dans le jardin public de la ville ». 

 

Augustin de Moerder, le frère d'Isabelle Eberhardt, «Isabelle l'Algérien», légionnaire à Sidi Bel Abbès aura-t-il croisé, dans les dernières années du XIXe siècle, les jeunes filles de la promenade, le boulevard existait-il et les familles nées dans ce pays, les ancêtres venus d'Espagne ou de France, gardaient-elles enfermées les filles à marier ? Augustin a peut-être rencontré, aristocrate russe déguisé en légionnaire français «nouveau soldat créé par la France» en 1831, une jeune et belle Andalouse, des ancêtres arabes avant la chute de Grenade, les yeux noirs des femmes de la campagne où il galope à cheval comme sa soeur Isabelle, Ténès et El Oued et Ain Séfra, autour des fermes de Ténira ou Tabia, près de Sidi Bel Abbès.

 

Signalons également la parution d’une nouvelle de Leïla SEBBAR, Le Vagabond, chez Bleu autour, dans la collection « D’un lieu l’autre ».
 

-Salah STÉTIÉ, La Nuit de la substance, Fata Morgana, Saint-Clément-de-Rivière (Hérault) mars 2007

Salah Stétié, poète libanais, engage une réflexion sur la création, lieu vers lequel convergent réalité et imaginaire.

 

-Yolande VILLEMAIRE, India, India, XYZ éditeurs, Montréal, mars 2007

Troisième volet de la vie de Miliana Tremblay.

 

-Amin ZAOUI, Festin de mensonges, Fayard, Paris, mars 2007
 

*La quatrième de couverture :

 

‘J'aime faire l'amour avec des femmes mûres. Cela doit me venir de ma tante, la sœur jumelle de ma mère, qui m'a dépucelé. Dans la grange où nous nous retrouvions, elle criait fort le nom d'Allah au moment de jouir. Ensuite j'ai connu d'autres femmes. Toutes m'ont apporté des choses. L'alcool, le tabac, les livres des roumis. En plus du sexe. Je crois que je les aimais autant qu'il est possible d'aimer Allah lui-même. Mais ce n'était pas du goût de tous. L'Algérie venait d'obtenir l'indépendance et, arrivés d'Egypte ou de Palestine, les Frères musulmans devenaient de plus en plus influents. Un jour il faudrait que je m'amende.’

 

Bâti en spirale et écrit dans un style incantatoire et sensuel, Festin de mensonges est un récit d'apprentissage d'un genre nouveau, trouble, déroutant, où les tiraillements et les retours en arrière ont la part plus belle que les certitudes. Il raconte la gageure de grandir pour un adolescent d'Algérie qui lit Les fleurs du mal en cachette mais connaît le Coran par cœur, et qui aime les femmes avec cette sorte de piété qui n'est réservée qu'à Dieu.

 

-Ahmed ZITOUNI, Y a-t-il une vie avant la mort ?, La Différence, coll. « Littérature », Paris, mars 2007

« Un écrivain dépressif, alcoolique et solitaire est interrompu par un des personnages de ses romans qui lui demande réparation pour l'avoir tué, vingt ans plus tôt, dans son premier roman. L'auteur tente de se justifier et la confrontation se poursuit jusqu'au lieu du crime, la cité de l'Avenir radieux. Premier volet d'une trilogie consacrée à la mort. » (Electre)
 

Nous retiendrons aux éditions XYZ, dans la collection « Romanichels Poche » La Gare de Sergio KOKIS, Aimez-moi d’Yves BOISVERT Yves et Le facteur émotif de Denis THÉRIAULT. En format poche, Tahar BEN JELLOUN, Le discours du chameau Suivi de Jénine : et autres poèmes, préfacé par François Bott, publié chez Gallimard dans la collection « Poésie », et Johnny chien méchant d’Emmanuel DONGALA chez Le Serpent à plumes.
 


Et dans la catégorie bandes dessinées :

 

-Enki BILAL, Le Sommeil du monstre vol. 4, Quatre ?, Casterman, Bruxelles, mars 2007

Quatrième volet, suite et fin de sa Tétralogie du Monstre.

 

*Un extrait :

- Garçon ?

- Oui monsieur ?

- Cette entrecôte de salers n'a aucune odeur, aucune saveur, aucun goût... et le bordeaux, c'est de la flotte. Paris est une ville sans odeur... Qu'est-ce qui se passe ?

- Je ne sais pas, monsieur, faut voir avec le responsable.

- Je peux vous avouer quand même quelque chose ?

- Ca dépend.

- Eh bien, je me suis toujours demandé pourquoi François Mitterrand est allé à Sarajevo le 28 juin 1992. Pourquoi justement le 28 juin ? Tout le monde sait que c'est non seulement la fameuse date de la bataille héroïque, dont les Serbes sont si fiers, contre les Ottomans à Kosovo Polje en 1389, mais aussi celle de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand en 1914, à Sarajevo aussi, comme par hasard. Tout ça est lourd de symboles... Vous n'y voyez pas comme un peu de provocation ?

- Je ne sais pas de quoi vous parlez, monsieur, faut voir avec le responsable. 

 

 

Informations sélectionnées et recueillies par Circé Krouch-Guilhem 

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Published by La plume francophone - dans Chronique- Editions
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