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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 11:00
Reportage

Au « Non » de Vinci

 

Par Ali Chibani


Le mardi 19 juin 2008, le Centre culturel algérien (C.C.A.) a projeté le dernier film-documentaire de M’BarekMenad. Au « Non » de Vinci1 est composé de plusieurs témoignages. Le plus important des témoins est ClaudeVinci, le déserteur. Chanteur-poète, communiste, dans sa jeunesse, il a été appelé pour accomplir son « devoir militaire » en Algérie. Son parcours de soldat, qu’il évoque dans Les Portes de fer2, est court. Quelques jours après son arrivée en Algérie, il est envoyé en Kabylie où, lors de sa première sortie de « pacification », le 08 août 1956, il monte, avec d’autres soldats, vers un village, nommé les Portes de fer, occupé par des vieillards, des femmes et des enfants. « Il n’y avait pas d’hommes. Ils étaient tous partis sans doute au maquis », se rappelle-t-il après la projection. « Puis voilà que nos troupes d’élite, raconte-t-il dans son livre, mettent en branle des lance-flammes vers les femmes et les enfants qui deviennent des torches vivantes les uns après les autres (…) Des tas de monstruosités ressortent de ma mémoire. Oradour, bien sûr, la division S.S. Das Reich, les quatre-vingts morts d’Argenton sur Creuse juste la veille d’Oradour… » (p. 42). Au C.C.A., la voix de Claude Vinci se noue : « C’était des SS Mais cette fois, ils étaient Français ! » Cet événement traumatisant est à l’origine de sa désertion. Le parcours de Claude Vinci ne s’arrête pas là. Il s’engage au sein du F.L.N en France, rejoint les porteurs de valise jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. Il s’engage par la suite en faveur du combat palestinien.

« Cette plongée dans l’histoire algérienne, dit le réalisateur M’Barek Menad qui a retrouvé des survivants au massacre des Portes de fer, répond avant tout à un besoin personnel. Je suis fils d’un ancien militant du F.L.N et je porte le prénom de mon oncle tué par l’armée française. Par ailleurs, j’ai une arme, une caméra, entre les mains que j’ai voulu utiliser pour parler de cette mémoire commune aux Français et aux Algériens. » Outre la rencontre de Claude Vinci, la loi du 23 février portant sur « le rôle positif du colonialisme » votée par les parlementaires français, compte parmi les causes initiales du projet de réaliser ce film. « La première victime des guerres, c’est la vérité. Il y a les histoires officielles dans les deux rives, je voudrais que mon travail nous aide pour qu’ensemble nous exorcisions nos vieux démons. » Le spectateur regrettera les problèmes techniques que M’Barek Menad explique : « ce film, je l’ai fait avec des bouts de chandelles. Je n’ai eu aucune aide financière. » Néanmoins, Au « Non » de Vinci a eu le prix d’encouragement au Festival du film amazigh en Algérie, et a participé à de nombreux festivals et projections en Hexagone.

Lors des débats qui ont suivi la projection, le public s’est montré enthousiaste. Des jeunes français d’origine algérienne se sont sentis très concernés par un film qui les « éclaire » sur les silences de leurs parents. S’il semble que « la France a besoin de faire une cure historique », comme l’évoque le réalisateur, en Algérie pourtant, cette guerre est du passé. Le chanteur-poète Lounis Aït Menguellet a assisté à la projection: « Cela m’a rappelé une période que j’ai vécue en tant qu’enfant. M. André Branchard, qui était dans l’armée française et faisait fonction d’instituteur dans notre village, aidait les maquisards algériens. Mais l’intérêt d’un tel documentaire pour les jeunes Algériens, je ne saurais en parler. Nos jeunes sont passés à autre chose. Nous avons eu une autre guerre et nous avons d’autres préoccupations. » « Quand on sait que l’histoire enseignée est loin d’être parfaite, ajoute-t-il, il serait judicieux de les interpeller pour leur montrer cette guerre et sa complexité. »

Au « Non » de Vinci sera diffusé par la télévision nationale algérienne. En France, ARTE l’a rejeté car non « conforme » à sa ligne éditoriale.

 

1 M’Barek Menad, Au « Non » de Vinci, Tizi-Ouzou, prod. M’Barek Menad, 2007, 52 mn.

2 Claude Vinci, Les Portes de fer, « “Ma” guerre d’Algérie et “ma” désertion », Paris, Le Temps des cerises, 2002, p. 97.

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Published by La plume francophone - dans Coups de cœur
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arab 25/01/2011 21:50



@ paduano : oui la violence était de chaque côté mais c'était la guerre. je suis moi même originaire de ce secteur et si vous me donnez plus de précisions au sujet de la mort de votre père
peut-être que nous parviendrons à retrouver sa sépulture. amicalement.



paduano 15/11/2010 18:04



c' est dans se secteur en 1958 que mon pére adoptif qui rentrai d' un chantier a Bone en voiture avec son employeur ainsi que d'autres ouvriers a était pris en otage par amirouche et sa bande il
est rester prisonier pendant deux années Battu mal nourris couvert de vermine enchainer J'ai appris longtemps aprés sa mort dans la montagne ou ? mort d' éppuisement et abandoner sans sépulture
son seul tord etait d' étre  FRANCAIS  Le mal les deux parties l'ont exercé  mon PERE avit a l'époque 61 ans  iletait militant communiste



arab 11/02/2009 19:34

le témoignage du soldat français est authentique puisque ce jour là au moins onze civils du village Portes de Fer -aujourd'hui At Sidi Braham- ont été tués par l'armée coloniale comme en témoigne la plaque commémorative érigée en leur mémoire. le journal Time rapporte en revanche les raids lancés par l'aviation par l'aviation coloniale contre le village de Béni-Ouagag au début de l'été 1959. Ce village était un haut-lieu de la guerre de libération. C'est peut-être le seul village d'Algérie qui ne compte pas de harkis parmi ses habitants. 

abd elaziz bellili 17/12/2008 13:24

           le temoignage de claude vinci parle de la region de bibans pas de portes de fer que vous avez citez dans votre article.  l'endroit exacte s'appelle Beni Ouagag situé à 10km sud des portes de fer.cette region kabyle a vecu les massacre et l'enfer de colonial français.     Un article publie sur le magasine Amiricain TIME le lundi 08juin 1959 temoigne sur cettes tragidies
Monday, Jun. 08, 1959
A Million Uprooted
Capped on a craggy knuckle of Algerian mountains penetrable only by mule trains, the village of Beni Ouagag was once the home of 3,000 Moslems. Then the Algerian war began. The F.L.N. turned Beni Ouagag into a base camp. In retaliation, the French one day in 1957 bombed the little town off the map.
There are thousands of such deserted villages in Algeria today. Their roofless houses and empty streets symbolize the plight of the passive Moslem population caught in the middle of the war's crossfire. The result is a social upheaval in which more than a million Moslems have been uprooted—either fleeing bombs or evicted en masse from "forbidden zones" by French attempts to "sterilize" rebel-infested areas.
Where have the homeless gone? Two places mainly: 1) into Algerian cities to swell urban slums, or 2) into "regroup-ment centers" under French army supervision. In either place they make a mockery—or else a very distant promise—of De Gaulle's historic Constantine pledge last November to Algerian Moslems of eventual parity with French standards of living.
Nothing but Couscous. Confronted by people with medieval habits who refuse to use modern laundries or eat anything but pasty couscous, and who sometimes riot when social workers try to bathe their children, the French army's Sections Administratives Specialises officers have done surprisingly well in some spots with the 700,000 regrouped Moslems in their care. Thirty miles south of Algiers the S.A.S. have built from scratch the Village du Sahel. It has modern schools, electricity and running water, army-built stone-and-plaster houses and shops. Its men have found work locally as agricultural laborers or herdsmen. In showcase Sahel, the greatest fear is being turned out of the new town. Says one resettled Moslem: "Provided the army stays to run our schools and hospital, we will never go back."
But for every successful regrouped village there are at least three in which the Moslems are worse off than before. In some centers the villagers are resettled in tents ringed with barbed wire. Saharan nomads, used to constant roaming, waste away by the hundreds when cooped up in camps. The 400,000 Moslem refugees outside the regrouped camps drift into cities, and rapidly join the ragged, seldom-employed urban proletariat choking the slums.
"Now We Are Responsible." Alarmed by press accounts of shocking conditions in the regrouped centers, De Gaulle's delegate general in Algeria, Paul Delouvrier, has ordered a halt to further regrouping. Complains one French officer: "For years these people have been dying like flies. But nobody bothered to go have a look. Now that we have brought them down from the hills, we are responsible."
Delouvrier has also ordered a complete overhaul of the regroupment system, under the scrutiny of teams of doctors, engineers and agricultural experts. Last week, in an event unique in French clerical history, the heads of the French Protestant and Roman Catholic churches issued a joint appeal for French aid to Algerian D.P.s, as a helpless people entitled to aid—even while French soldiers make war on, and are killed by, other Algerians in the hills.
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